Gisèle Pineau

Gisèle PineauGisèle Pineau est née à Paris en 1956. Ses parents sont guadeloupéens.

Son père a quitté la Guadeloupe en 1943, répondant à l’Appel du 18 juin lancé par le Général de Gaulle. Il s’engage dans les Forces Françaises Libres et combat pour la France envahie par l’armée allemande. Il reste dans l’armée après la Seconde Guerre Mondiale. En 1961, après son mariage et un séjour au Congo, il retourne en Guadeloupe en congé fin de campagne. Il retrouve au pays sa mère toujours battue par son mari qu’on appelle « le bourreau ».

La grand-mère, Man Ya, sera une figure récurrente de l’œuvre de Gisèle Pineau. On la retrouve dans son récit L’exil selon Julia et dans son roman de jeunesse Un papillon dans la cité.

La famille, qui s’est entre-temps agrandie – six enfants –, regagne la France avec Man Ya. La France devient le pays de l’exil pour Gisèle Pineau, exil vécu par procuration auprès de Man Ya qui raconte la Guadeloupe, les contes, les mystères du pays perdu. Le racisme, l’intolérance et la force des préjugés rencontrés chaque jour nourriront plus tard l’œuvre de Gisèle Pineau qui s’attache, dans son écriture, à mettre en scène des personnages en but à la violence et l’injustice de ce monde (in: L’Espérance-macadam; L’Âme prêtée aux oiseaux).

En 1970, le père déçu par le Non de la France au Référendum proposé par le Président de la République (Charles de Gaulle), demande sa mutation pour les Antilles. De 1970 à 1972, la famille vit en Martinique. C’est la redécouverte d’une culture, d’une langue (le créole), d’une histoire qui apparaîtront dans Femmes des Antilles, traces et Voix, 150 ans après l’Abolition de l’Esclavage.

Le père prend sa retraite en 1973 et rejoint la Guadeloupe où il s’installe définitivement avec sa famille.

En 1975, Gisèle Pineau qui vient d’obtenir son baccalauréat, s’inscrit à l’Université de Paris X Nanterre. Elle suit, pendant deux années, des études de Lettres Modernes qu’elle abandonne faute d’argent. Elle devient infirmière en psychiatrie en 1979, se marie et repart pour la Guadeloupe où elle exercera pendant près de vingt ans sa profession au Centre Hospitalier Psychiatrique de Saint-Claude. Depuis sa réinstallation à Paris en automne 2000, elle mène toujours, parallèlement à sa carrière d’écrivain, cette autre profession qui, dit-elle, équilibre sa vie.


Oeuvres principales:

Romans:

  • La Grande Drive des esprits. Paris: Le Serpent à Plumes, 1993.
  • L’Espérance-Macadam. Paris: Stock, 1995.
  • L’Exil selon Julia. Paris: Stock, 1996.
  • L’Âme prêtée aux oiseaux. Paris: Stock, 1998.
  • Chair piment. Paris: Mercure, 2002.
  • Fleur de barbarie. Paris: Mercure, 2005.
  • Morne câpresse. Paris: Mercure, 2008.
  • Cent vies et des poussières. Paris: Mercure, 2012.
  • Les voyages de Merry Sisal. Paris: Mercure, 2015.

Récit:

  • Mes quatre femmes. Paris: Philippe Rey, 2007.
  • Folie, aller simple; Journée ordinaire d’une infirmière. Paris: Philippe Rey, 2010.

Romans pour la jeunesse:

  • Un Papillon dans la cîté. Paris: Sépia, 1992.
  • Le Cyclone Marilyn (illustré par Béatrice Favereau). Montréal: Hurtubise HMH, 1998; Paris: L’Élan Vert, 1998.
  • Caraïbe sur Seine. Paris: Dapper, 1999.
  • Case mensonge (illustré par Sylvain Bourrières). Je Bouquine 206 (avril 2001); Je Bouquine 153 (mai 2004);Paris: Bayard jeunesse, 2004.
  • C’est la règle. Paris: Thierry Magnier, 2002.
  • Les Colères du volcan. Paris: Dapper, 2004.
  • L’odysée d’Alizée. Paris: Thierry Magnier, 2010.

Ouvrage de référence:

  • Femmes des Antilles;  traces et voix cent cinquante ans après l’abolition de l’esclavage (avec Marie Abraham).  Paris: Stock, 1998.

Nouvelles:

  • « Paroles de terre en larmes », « Ombres créoles » et « Léna ». Paroles de terre en larmes. Paris: Hatier, 1987: 5-20; 96-110; 112-128.
  • « Une antique malédiction ». Le Serpent à plumes, 15 (Printemps 1992): 37-52.
  • « Aimée de Bois-Vanille ». Le Serpent à plumes, 28 (1994).
  • « Tourment d’amour ». Écrire la « parole de nuit »; la nouvelle littéraire antillaise. Paris: Gallimard (folio, essais), 1994: 79-87.
  • « Piéça dévorée et pourrie ». Noir des Îles (collectif). Paris: Gallimard, 1995: 159-203.
  • « Le ventre de Léocadie ». L’Express (octobre 1998).
  • « Amélie et les anolis ». Nouvelles des Amériques. Maryse Condé et Lise Gauvin, dirs.  Montréal: L’Hexagone, 1998: 25-40.
  • « Les enchaînés ». Tropiques, revue négro-africaine de littérature et de philosophie (Dakar) 61 (2ème semestre 1998).
  • « Fichues racines ». Paradis Brisé, nouvelles des Caraïbes. Collection Étonnants Voyageurs. Paris: Hoëbeke, 2004: 199-218.
  • « Ta mission, Marny ». Nouvelles de Guadeloupe. Paris: Magellan & Cie / Fort-de-France: Desnel, 2009: 11-30.
  • « Un petit feu sans conséquence ». Volcaniques, une anthologie du plaisir. Léonora Miano, dir. Montréal: Mémoire d’encrier, 2015: 45-62.

Contributions:

  • « Écrire en tant que Noire ». Penser la créolité. Madeleine Cottenet-Hage et Maryse Condé, éds. Paris: Karthala, 1995:  289-295.
  • « Le sens de mon écriture ». LittéRéalité 10.1 (Printemps/Été 1998): 135-136.
  • « Sur un morne de Capesterre Belle-Eau ». À peine plus d’un cyclone aux Antilles. Bernard Magnier, dir. Cognac: Le temps qu’il fait, 1998: 25-30.
  • « Les Papillons noirs ». Une enfance outremer (textes réunis par Leïla Sebbar). Paris: Seuil, 2001: 157-168.
  • « L’Identité, la créolité et la francité ». La culture français vue d’ici et d’ailleurs. Thomas C. Spear, éd. Paris: Karthala, 2002: 217-224.

Beaux Livres:

  • Guadeloupe découverte. (avec Jean-Marc Lecerf) Préface de Simone Schwarz-Bart. Paris / Fort-de-France: Fabre Doumergue, 1997.
  • Guadeloupe d’antan: la Guadeloupe au début du siècle, texte de Gisèle Pineau avec plus de 400 cartes postales anciennes. Paris: HC Éditions, 2004; réédition: La Guadeloupe à travers la carte postale ancienne. Paris: HC Éditions, 2016.

Prix et distinctions littéraires:

  • 1994     Grand Prix des lectrices d’Elle, pour La Grande Drive des esprits.
  • 1994     Prix Carbet de la Caraïbe, pour La Grande Drive des esprits.
  • 1996     Prix du Livre RFO, pour L’Espérance-Macadam.
  • 1996     Prix Terre de France, pour L’Exil selon Julia.
  • 1997     Prix Rotary, pour L’Exil selon Julia.
  • 1998     Prix Amerigo Vespucci, pour L’Âme prêtée aux oiseaux.
  • 2002     Prix des Hémisphères Chantal Lapicque, pour Chair piment.
  • 2006     Prix Littéraire Rosine Perrier, pour Fleur de barbarie.
  • 2011     Prix Carbet des lycéens, pour Folie, aller simple.
  • 2016     Prix Littéraire Joseph D. Charles (Haïti), pour Les voyages de Merry Sisal.

Sur l’oeuvre de Gisèle Pineau:

  • Bonnet, Véronique. « Gisèle Pineau: l’âme prêtée à l’écriture ». Notre Librairie 138-139 (septembre 1999-mars 2000): 91-98.
  • Condé, Maryse. « Femme, Terre Natale ». Parallèles: Anthologie de la nouvelle féminine de langue française.  (M. Cottenet-Hage et J.-Ph. Imbert, éds.)  Québec: L’Instant Même, 1996: 253-260.
  • Dumontet, Danielle. « Gisèle Pineau ou une nouvelle voix féminine guadeloupéenne ». Palabres, Femmes et Créations littéraires en Afrique et aux Antilles 3.1-2 (avril 2000): 203-217.
  • Durmelay, Sylvie. « Narrative of a « Return to the Non-Native Land »: Gardens and Migration in L’Exil selon Julia by Gisèle Pineau » (en anglais) et le texte original, « Récit d’un « Retour au pays pas natal »: Jardins et migrations dans L’Exil selon Julia de Gisèle Pineau ». Journal of Caribbean Literatures 4.2 (Fall 2006): 109-118; 166-174.
  • Fulton, Dawn. « The Disengaged Immigrant: Mapping the Francophone Caribbean Metropolis ». French Forum 32.1-2 (Winter/Spring 2007): 245-62.
  • Githire, Njeri. « Horizons Adrift: Women in Exile, at Home, and Abroad in Gisèle Pineau’s Works ». Research in African Literatures 36.1 (Spring 2005): 74-90.
  • Gyssels, Kathleen. « L’exil selon Pineau, récit de vie et autobiographie ». Récits de vie de l’Afrique et des Antilles: Enracinement, Errance, Exil  (Suzanne Crosta, éd.). Sainte-Foy: GRELCA, 1998: 169-213.
  • Haigh, Sam. « Migration and Melancholia: From Kristeva’s « Dépression nationale » to Pineau’s « Maladie de l’exil » ». French Studies 60.2 (April 2006): 232-250.
  • Hellerstein, Nina. « Violence, mythe et destin dans l’univers antillais de Gisèle Pineau ». LittéRéalité 10.1 (Printemps/Eté 1998): 47-58.
  • Loichot, Valérie. « Reconstruire dans l’exil; la nourriture créatrice chez Gisèle Pineau ». Études francophones 17.2 (automne 2002): 25-44.
  • Loichot, Valérie. « Éloge de la barbarie selon Gisèle Pineau ». International Journal of Francophone Studies 11.1-2 (2008): 137-149,
  • Makward, Christiane. « Presque un siècle de différence amoureuse: Simone Schwarz-Bart (1972), Gisèle Pineau (1996) ». Nottingham French Studies 40.1 (Spring 2001): 41-51.
  • Mehta, Brinda J. « Culinary diasporas: identity and the language of food in Gisèle Pineau’s Un papillon dans la cité and L’Exil selon Julia ». International Journal of Francophone Studies 8.1 (2005): 23-51.
  • Milne, Lorna.« Sex, violence and cultural identity in the work of Gisèle Pineau ». Postcolonial Violence, Culture and Identity in Francophone Africa and the Antilles. Lorna Milne, éd. New York/Oxford: Peter Lang, 2007.
  • Mugnier, Françoise. « La France dans l’oeuvre de Gisèle Pineau ». Études Francophones 15.1 (Printemps 2000): 61-73.
  • Murdoch, H. Adlai. « Negotiating the Metropole: Patterns of Exile and Cultural Survival in Gisèle Pineau and Suzanne Dracius-Pinalie ». Immigrant Narratives in Contemporary France. Susan Ireland and Patrice J. Proulx, eds. Greenwood Press, 2001.
  • NDiaye, Christiane. « Le dépassement de la discrimination des formes : métissages intertextuels et transculturels chez Pineau, Sow Fall et Mokeddem ». Tangence 75 (été 2004): 107-122.
  • Pierre, Emeline. Le caractère subversif de la femme antillaise dans un contexte (post)colonial. Paris: L’Harmattan, 2008.
  • Simasotchi-Brones, Françoise. « Le fil africain de Gisèle Pineau dans L’exil selon Julia ». L’Afrique noire dans les imaginaires antillais. Obed Nkunzimana, Marie-Christine Rochmann, Françoise Naudillon, éds. Paris: Karthala, 2012: 153-172.
  • Spear, Thomas C. « L’Enfance créole;  la nouvelle autobiographie antillaise ». Récits de vie de l’Afrique et de la Caraïbe: Enracinement, Errance, Exil (Suzanne Crosta, éd.). Sainte-Foy: GRELCA, 1998: 143-167.
  • Thomas, Bonnie. « Transgenerational Trauma in Gisèle Pineau’s Chair Piment et Mes Quatre Femmes ». International Journal of Francophone Studies 13.1 (June 2010): 23-38.
  • Thomas, Bonnie. « Gisèle Pineau: Writing as Therapy ». Connecting Histories; Francophone Caribbean Writers Interrogating Their Past. Jackson: University Press of Mississippi, 2017: 50ff.
  • Thomas, Bonnie. « Memory and Relation in Gisèle Pineau’s Mes quatre femmes ».. The French Review 86.1 (October 2012): 136-146.
  • Vitiello, Joëlle. « Le corps de l’île dans les écrits de Gisèle Pineau ». Elles écrivent des Antilles (Haïti, Guadeloupe, Martinique), Susanne Rinne et Joëlle Vitiello, éds. Paris: L’Harmattan, 1997: 243-63.

Entretiens:

  • Cazenave, Odile, Tanelli Boni et Nathalie Philippe. « L’Exil au féminin », entretien avec Gisèle Pineau. Présence francophone 70 (2008): 23-26.
  • Ghinelli, Paola. Archipels littéraires. Entretiens avec Chamoiseau, Condé, Confiant, Brival, Maximin, Laferrière, Pineau, Dalembert, Agnant. Montréal: Mémoire d’encrier, 2005: 111-121.
  • Makward, Christiane and Njeri Githire, éds. and trans. « Gisèle Pineau: Causerie à Penn State (avril 2001) ». Women in French Studies 9 (2001): 220-233.
  • Makward, Christiane. « Entretien avec Gisèle Pineau ». The French Review 76.6 (May 2003): 1202-1215.
  • Veldwachter, Nadège. « An Interview with Gisèle Pineau ». Research in African Literatures 35.1 (Spring 2004): 180-186.

Traductions:

auf Deutsch:

  • Die lange Irrfahrt der Geister. Franz. von Gunhild Niggestich, trad. Wuppertal: Hammer, 1995; München/Zürich: Piper, 1998.
  • Die Frau, die den Himmel aufspannt (L’Espérance-macadam). Giò Waeckerlin-Induni, trad. Wuppertal: Hammer, 1998.
  • « Blumen, honig und satin ». Giò Waeckerlin Induni, trad. (la nouvelle, « De fleurs, miel et satin »)  Mohnblumen auf schwarzem Filz. Zurich: Unionverlag, 1998.
  • Ein Schmetterling in der Vorstadt. Franz. von Annemarie Berger, trad. Berlin/München: Altberliner, 1996.
  • L’Exil selon Julia. à paraître chez Hammer.

in English:

  • The Drifting of Spirits. Trans. Michael Dash. London: Quartet, 1999.
  • « Exile According to Julia ». Excerpt translated and presented by Richard Watts. Sites 3.1 (Spring 1999): 145-155.
  • Macadam Dreams. Trans. C. Dickson. Lincoln: University of Nebraska Press, 2003.
  • « Amélie and the Anoles ». Trans. Dawn Fulton. Metamorphoses, a journal of literary translation 11.1 (Spring 2003): 200ff.
  • Exile according to Julia. Trans. Betty Wilson; Afterword by Marie-Agnès Sourieau. Charlottesville: University of Virginia Press, 2003.
  • Devil’s Dance (Chair piment). Trans. C. Dickson. Lincoln: University of Nebraska Press, 2006.
  • A Taste of Eternity (L’âme prêtée aux oiseaux). Trans. C. Dickson. Lubbock: Texas Tech University Press, 2014.

en español:

  • Una antigua maldición (La Grande Drive des esprits). Trad. Manuel Serrat Crespo. Barcelona: Ediciones del Bronce, 1999.

La Grande Drive des esprits a également été traduite en grec (Ed. Livanis) et hollandais (Ed. De Geus).

Un Papillon dans la cité a été traduit en coréen.


Liens:

sur Île en île:

ailleurs sur le web:


Retour:

Dossier Gisèle Pineau préparé par Thomas C. Spear

http://ile-en-ile.org/pineau/

mis en ligne : 13 mai 1999 ; mis à jour : 23 août 2017