Raharimanana

photo © Soeuf Elbadawi Paris, juin 2001

photo © Soeuf Elbadawi
Paris, juin 2001

Jean-Luc V. Raharimanana est né le 26 juin 1967 à Antananarivo, la capitale de Madagascar, où il réside jusqu’à l’âge de 22 ans. Inscrit en Lettres à l’Université d’Antananarivo, il obtient une Licence en 1989. La même année, il travaille avec la troupe de théâtre de Christiane Ramanantsoa, à l’Alliance Française, sur la mise-en-scène de sa pièce Le prophète et le président. Cependant, suite aux pressions exercées tout d’abord par le Ministère de la Culture sur la troupe, ensuite par l’état malgache, l’Alliance Française, craignant des « incidents diplomatiques », interdit toute représentation. Deux mois plus tard, Raharimanana obtient le Prix de la meilleure nouvelle de RFI et accepte la bourse d’études qui lui permet de partir en France.

À son arrivée à Paris il poursuit ses études tout d’abord à la Sorbonne et ensuite à l’INALCO (Institut des langues orientales) où il obtient un DEA en Littératures et civilisations dont le sujet porte sur les contes malgaches. Journaliste pigiste à RFI, il travaille sur un nouveau projet de pièce de théâtre prévoyant, entre autres, la création d’une école de théâtre à Madagascar et un programme de représentations échelonnées sur trois ans à travers le monde. Malheureusement la Mission de Coopération basée à Madagascar, prétextant que sa nouvelle pièce (inédite à ce jour) n’avait pas « l’âme malgache » refuse le financement nécessaire pour lancer le projet.

Il se tourne par la suite vers le professorat et enseigne le français dans la région parisienne (Seine-Saint-Denis), années pendant lesquelles il collabore à de multiples manifestations littéraires (il participe à de nombreuses conférences aux États-Unis, en France, en Italie, au Rwanda et à Madagascar), pédagogiques (il anime dès 1991 plusieurs ateliers d’écriture dans la région parisienne) et journalistiques qui révèlent toute la dimension du rôle de l’écrivain engagé.

En 2002, Raharimanana quitte son métier d’enseignant pour notamment défendre son père, professeur d’Histoire à l’Université d’Antananarivo, arrêté puis torturé en juin 2002 par les autorités malgaches. Son père, animant alors une émission radiophonique sur l’histoire de Madagascar, se proposait d’étudier les conflits ayant existé au cours de l’histoire de Madagascar entre les différents royaumes malgaches. Accusé de provocation aux crimes et délits contre la sûreté intérieure de l’état, il a été condamné, à l’issue d’un jugement sommaire, à deux ans de prison avec sursis. Après cette affaire, Raharimanana ressent d’autant plus la nécessité absolue de consacrer tout son temps à l’écriture, à la recherche, à la restitution de cette mémoire trahie par des récits où « se confondent mythe et réalité ». Obéissant aux litanies du narrateur de Nour 1947, Raharimanana parcourt les chemins sinueux et pluriels de la mémoire afin de « transcrire, tout transcrire ».

Le premier recueil de nouvelles de Raharimanana, Lucarnes, est publié près de sept ans après son arrivée en France, mais c’est à Madagascar, incontestablement, que Raharimanana construit son écriture : les récits racontés par son père, la riche littérature orale, l’abondante mythologie malgache, la bibliothèque familiale et puis, il y a avant tout, les lieux qui le voient grandir – la ville, les collines environnantes, les marécages – théâtre de ces épopées malgaches. Ces lieux ancrent indubitablement l’écrivain dans une histoire spécifique, magique, mais abritent également des scènes d’une toute autre nature qui vont faire naître chez Raharimanana un « besoin vital d’écrire » : pauvreté, violence, mort, sang, pourriture d’une société, d’un monde sur le point d’imploser mais également beautés, sensualités, rêves et passions des individus.

Raharimanana commence tout d’abord par quelques essais autobiographiques mais c’est surtout la poésie qui l’attire. Il écrit alors beaucoup de poèmes, la plupart inédits. Raharimanana se tourne ensuite vers la nouvelle et le théâtre qui vont être le réceptacle d’une écriture lyrique mais également caustique dans laquelle le lecteur, conquis par des passages très poétiques, d’une étonnante douceur, soudainement, doit affronter des scènes d’une spectaculaire violence. C’est une écriture au sein de laquelle se côtoient poésie, rêves, humanité et douceur, ainsi que la violence du monde. Une écriture que l’auteur définit par le « viol des douceurs ».

– Magali Compan-Barnard


Oeuvres principales:

Romans:

  • Nour, 1947. Paris: Le Serpent à Plumes, 2001; La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2017.
  • Za. Paris: Philippe Rey, 2008.

Récit:

  • L’Arbre anthropophage. Paris: Gallimard/Joëlle Losfeld, 2004.
  • Tsiaron’ny nofo (en malgache). Îlle-sur-Tête: K’A, 2008.

Poésie:

  • Les cauchemars du gecko. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2011.
    Mise en scène par Thierry Bedard, Festival d’Avignon, 2009.
  • Empreintes. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2015.
  • Enlacement(s). Coffret de trois livres: Des Ruines, Obscena et Il n’y a plus de pays. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2012.

Beaux-Livres:

  • Le Bateau ivre: Histoires en Terre Malgache. Avec des photographies de Pascal Grimaud.Marseille: Images en Manoeuvres, 2003.
  • Madagascar, 1947. Illustrations du Fonds Charles Ravoajanahary. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2007.
  • Portraits d’insurgés, Madagascar 1947. Photographies de Pierrot Men. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2011.
  • Des Ruines, mise en scène par Thierry Bedard à la Maison de la poésie à Paris, 2012.

Nouvelles:

  • Le lépreux et dix-neuf autres nouvelles. Paris: Hatier, 1992.
  • Lucarne. Paris: Le Serpent à plumes, 1996.
  • Rêves sous le linceul. Paris: Le Serpent à plumes, 1998.

Textes dans des ouvrages collectifs:

  • « Anja ». Une enfance outremer (textes réunis par Leïla Sebbar). Paris: Seuil, 2001: 169-184.
  • « Prosper ». Dernières nouvelles de la Françafrique (Collectif). La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2003: 159-177.
  • « Corps en jachère ». Nul n’est une île: Solidarité Haïti. Sous la direction de Stanley Péan et Rodney Saint-Éloi. Montréal: Mémoire d’encrier, 2004: 143-147.
  • « Sortir des bois ». Africultures 59 (2e trimestre 2004): 47-50.
  • « Le vol de La Tempête ».Enfances, collectif coordonné par Alain Mabanckou. Bertoua (Cameroun): Ndzé, 2006; Paris: Ndzé (Pocket), 2008: 81-93.
  • « Za ». Le huitième péché, collectif coordonné par Kangni Alem. Bertoua (Cameroun): Éditions Ndzé, 2006: 45-51.
  • « Pacification ». Dernières nouvelles du colonialisme (Collectif). La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2006: 49-62.
  • « Le creuset des possibles ». Pour une littérature-monde, sous la direction de Michel Le Bris et Jean Rouaud. Paris: Gallimard, 2007: 305-314.
  • « Sur le bord des lèvres ». Riveneuve Continents 5 (automne 2007): 183-190.
  • « De là où j’écris ». Riveneuve Continents 10 (hiver 2009-2010): 14-20.

Théâtre / Créations:

  • Le prophète et le président, théâtre. Mise en scène de Christiane Ramanantsoa (Madagascar, 1989) et de Vincent Mambatchaka (Bénin, Togo, Sénégal, Côte d’Ivoire, Centrafrique, France). Mise en onde sur R.F.I. (1993). Mise en espace par le Théâtre International de Langue Française (TILF) (Avignon, 1995). Mise en scène de l’auteur au théâtre des Déchargeurs, Paris (mai-juin 2005).
  • Le puits, théâtre. En production avec la M.G.I. (Maison du Geste et de l’Image), le TILF et le Théâtre de la Villette, (Paris, Tours, Limoges, 1997). Publié chez Actes Sud Papier, 1997.
  • Lépreux, nouvelle. Mise en onde sur R.F.I. (1990).
  • Instants malgaches, joué en 2001 au Théâtre Gérard Philippe en région parisienne et au festival Métissons à Marseille. Avec la participation de Raharimanana et le musicien malgache Solo Razaf. Réalisation: Twamay Association.
  • Excuses et dires liminaires de Za, Concert, mise en voix de Thierry Bedard. Création Bonlieu, Scène nationale, Annecy, notoire / de l’étranger(s). 2008.
  • 47, mise en scène de Thierry Bedard. Création Centre culturel Albert Camus, Antananarivo, notoire / de l’étranger(s). 2008.
  • Les cauchemars du Gecko, mise en scène de Thierry Bedard. Création Festival d’Avignon, notoire / de l’étranger(s). 2009.
  • Par la nuit, Lecture musicale / Ciné-performance, de Raharimanana et Tao Ravao, Festival Contre-Courant, Île de la Barthelasse, Festival d’Avignon (2009) et en ouverture du Festival du film de Rotterdam, Opéra de Rotterdam, Latérit-Production, 2009.
  • Obscena, performance, de et avec Raharimanana, musique de Philippe Foch (percussions, tablas). Athénor, Scène nomade, Saint Nazaire / Nantes, 2012.
  • Des ruines, mise en scène de Thierry Bedard. Création Athénor Scène nomade à Nantes, Le Forum de Blanc-Mesnil, notoire / de l’étranger(s). 2010. Maison de la Poésie à Paris. 2012.
  • La connerie des siècles, Texte et interprétation Raharimanana, musique d’Alex Grillo (vibraphone et percussions), Athénor, Scène nomade, Saint-Nazaire, 2014.
  • Empreintes, duo avec le chorégraphe et danseur Miguel Nosibor. Théâtre d’Aubagne, Cie En Phase, CDNCD Châteauvallon, Théâtre Comoedia, La Distillerie d’Aubagne, Théâtre Golovine. 2015/2016.
  • Rano, rano, texte et interprétation Raharimanana, Musique de Tao Ravao, photographie de Pierrot Men, vidéo : Yann Marquis, Cie SoaZara, Théâtre des bambous, La Réunion, Théâtre Ariart, Mayotte, Théâtre de l’échangeur, Bagnolet, 2015.
  • Parfois le vide. Mise en voix et interprétation de l’auteur, accompagné de Tao Ravao (cordes, Jean-Christophe Feldhandler (percussions) et Géraldine Keller (voix et chant), Festival d’Avignon, 2016, dans le cadre des lectures de RFI : « Ça va, ça va le monde », Cie SoaZara, coproductions Théâtre d’Ivry Antoine-Vitez. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs (à paraître, 2017).

Conte musical:

  • Le tambour de Zanahary, texte et interprétation de l’auteur, création musicale de Tao Ravao, 2001.
  • Milaloza ou l’enfant qui cherche le malheur, pièce pour onze musiciens et conteurs, mise en scène de Bernadette Baratier et de Laure-Marie Legay, co-production Maison des acteurs de Saint Denis (France) et Casting Sud (Burkina Faso), 2002.
  • Lemahery et le caméléon, texte et interprétation de l’auteur, avec les musiciens Jean Ramanambitana du groupe Senge et Faffa Andriamilantonirinason, 2006.
  • Sakay, texte et musique de Raharimanana, direction artistique de Brigitte Lallier-Maisonneuve, conte pour les tout-petits (à partir de 3 ans), Athenor, Scène Nomade, Nantes/Saint-Nazaire, 2013.
  • Les contes de la grande île, contes érudits, texte et interprétation de l’auteur, musique de Tao Ravao, Cie SoaZara, Festival Musiques métisses, Angoulême, Musée d’Angoulême, 2015.

Littérature pour la jeunesse:

  • Landisoa et les trois cailloux. Illustrations par Jean A. Ravelona. Vanves: Édicef / Hachette, 2001.

Ouvrages collectifs dirigés par Raharimanana:

  • Dernières nouvelles de la Françafrique (dirigé avec Soeuf Elbadawi). La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2003.
  • Dernières nouvelles du colonialisme. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2006.

Direction de livres critiques et universitaires:

  • La littérature malgache. Interculturel Francophonies (Lecce, Italie) 1 (juin-juillet 2001), 188 p.
  • Identités, langues et imaginaires dans l’Océan Indien. Interculturel Francophonies 4 (novembre-décembre 2003), 303 p.
  • Jacques Rabemananjara. Interculturel Francophonies 11 (juin-juillet 2007), 357 p.
  • Les Comores, une littérature en archipel (coordonné avec Magali Nirina Marson). Interculturel Francophonies 19 (juin-juillet 2011), 384 p.

Filmographie:

  • Gouttes d’encre sur l’île rouge, portrait de l’écrivain Raharimanana. Documentaire de Randianina Ravoajanahary et Vincent Wable, 40′, 2004.

Prix et distinctions littéraires:

  • 1987     Prix Jean-Joseph Rabearivelo de poésie.
  • 1989     Prix Tardivat International de la meilleure nouvelle de langue française (RFI, ACCT, Le Monde).
  • 1990     Prix Tchicaya U’Tamsi du théâtre interafricain, 1990, théâtre.
  • 1998     Grand Prix Littéraire de Madagascar (ADELF), pour Rêves sous le linceul.
  • 2011     Prix de la Poésie, Salon du Livre insulaire d’Ouessant, pour Les cauchemars du gecko.

Sur l’oeuvre de Raharimanana:

ouvrages critiques:

  • Delmeule, Jean-Christophe. Les mots sans sépulture; l’écriture de Raharimanana. Bern/New York: Peter Lang, 2013.
  • Raharimanana: la poétique du vertige. Numéro spécial de la revue Interculturel Francophonies 23 (juin-juillet 2013) coordonné par Jean-Christophe Delmeule. Essais de: Louis Bertin Amougou, Virginie Brinker, Jean-Christophe Delmeule, Valérie Dewaele, Cheikh M. S. Diop, Ute Fendler, Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo, Frédéric Mambenga, Magali Nirina Marson et de l’auteur Raharimanana. Entretiens avec Jean Ravelona (par Valérie Dewaele) et Thierry Bedard (par Jean-Pierre Han).

études sélectionnées:

  • Célérier, Patricia-Pia. « Raharimanana: ‘Le Viol des douceurs’ ». Présence francophone 70 (2008): 136-153.
  • Delmeule, Jean-Christophe. « Nour ou le tressage des mots ». Interculturel Francophonies (Italie), numéro spécial sur la littérature malgache, 1 (juin-juillet 2001): 145-160.
  • Marson, Magali Nirina. « Michèle Rakotoson et Jean-Luc Raharimanana: Dire l’île natale par le ressassement ». Revue de Littérature Comparée 318 (2.2006): 153-171.
  • Moussa, Makeda. « Rêves sous le linceul: la plume-caméra. Entretien avec Jean-Luc Raharimanana ». Notre Librairie 138-139 (septembre 1999-mars 2000): 76-78.
  • Ramarasoa, Liliane. « Jean-Luc Raharimanana, ‘l’habitant des territoires interdits’ ». Notre Librairie 146 (octobre-décembre 2001): 118-120.
  • Ramarasoa, Liliane. « À Madagascar, la fortune d’un genre ». Notre Librairie 122 (octobre-décembre 1992): 101-110.
  • Ramarasoa, Liliane et Gille Louys. « Les cris d’île de Jean Claude Fota et Jean-Luc Raharimanana ». (Entretien) Notre Librairie 122 (octobre-décembre 1992): 111-114.
  • Ranaivoson, Dominique. Raharimanana, « Nour, 1947 », étude critique. Paris: Honoré Champion, 2015.
  • Simasotchi-Bronès, Françoise. « Raharimanana : écrire pour dégorger le cri malgache » (sur Za). Présence francophone 77 (2012): 55-72.
  • Tervonen, Taina. « Faire le choix de l’inconscience » (entretien). Africultures 59 (2e trimestre 2004): 51-58.

Traductions:

auf Deutsch:

  • Haut der Nacht, Erzählungen aus Madagaskar. Trad. Sigrid Köppen. Bonn: Horlemann, 1997.

in English:

  • The Prophet and the President. Trad. Stephen J. Vogel. Afrique Book Two: New Plays, Madagascar, Mauritania, Togo. New York: UBU Repertory Publications, 1991: 51-92.
  • Deux extraits de Lucarne – « The Rich Child » / « L’enfant riche » (traduit par Marjolijn de Jager) et « Case Closed » / « Affaire classée » (traduit par la maison Lanscom) – et des « Crematorium Poems » / « Poèmes crématoires » (traduits par Marjolijn de Jager), en français avec la traduction en anglais. Voices from Madagascar: an Anthology of Contemporary Francophone Literature / Voix de Madagascar: anthologie de littérature francophone contemporaine. Jacques Bourgeacq et Liliane Ramarosoa, éds. Athens: Ohio University Center for International Studies, 2002: 46-75; 224-233.
  • « Fahavalo » (extrait de Rêves sous le linceul). Lauren Yoder, trad. From Africa; New Francophone Stories. Adèle King, ed. Lincoln: U. of Nebraska Press, 2004: 93-96.

en español:

  • « Kiaky ny onja » (« Cris d’océan »). Trad. Pablo Montoya et Myriam Montoya. Voces africanas. Ed. Landry-Wilfrid Miampika. Madrid: Editorial Verbum, 2001: 287-303.
  • Nur, 1947. Trad. Manuel Serrat Crespo. Barcelona: El Aleph, 2011.

in italiano:

  • « Dérives » / « Derive ». Trad. Marie-José Hoyet. Pagine, quadrimestrale di poesia 9.24 (settembre-dicembre 1998): 23-24.
  • Lucernario. Trad. Maurizio Ferrara. Roma: Lavoro, 2000.
  • Sogni sotto il sudario. (Rêves sous le linceul).  Trad. Maurizio Ferrara. Roma: Lavoro, 2001.

Liens:

sur Île en île:

ailleurs sur le web:

Autour des créations (vidéos):

La crise des élections présidentielles malgaches de 2001:


Retour:

Dossier Raharimanana préparé en collaboration avec Magali Compan-Barnard.

http://ile-en-ile.org/raharimanana/

mis en ligne : 21 février 2003 ; mis à jour : 4 juin 2017