Catherine Boudet

Catherine Boudet, photo © Serge Boudet Port-Louis, mai 2013

photo © Serge Boudet
Port-Louis, mai 2013

Politologue, journaliste et poète, Catherine Boudet est née le 30 août 1968 à Saint-Denis de La Réunion. Depuis 2009, elle est installée à l’île Maurice, où elle travaille comme journaliste et chroniqueur, après avoir enseigné dix ans à l’Université de La Réunion.

Catherine Boudet est docteure en Science politique de l’Institut d’études politiques de Bordeaux, France. Elle est l’auteure d’une thèse de doctorat sur l’émigration des Mauriciens d’origine française (ou Franco-Mauriciens) en Afrique du Sud, et de divers articles scientifiques sur les problématiques de l’identité et de la construction nationale à Maurice. Sa thèse développe une nouvelle théorie des diasporas, montrant que Maurice constitue le creuset d’une forme diasporique inédite, qu’elle a appelé la diaspora « pollinisée », sur le modèle du pollen qui se dissémine au vent.

Catherine Boudet écrit dans la presse mauricienne autour de thèmes relatifs aux sujets sociaux, politiques et littéraires. Ses articles journalistiques figurant également sur son blogue.

À côté de la recherche scientifique et du journalisme, la poésie tient une place importante dans l’écriture de Catherine Boudet. Cette Réunionnaise installée à Maurice a publié six recueils de poésie, parmi lesquels Nos éparses nos sulfureuses, préfacé par Ananda Devi (Acoria, 2010) et Les laves bleues [Calligraphie des silences], Grand Prix de poésie Joseph Delteil 2012. Elle figure également dans plusieurs anthologies de poésie francophone, africaine et de l’Océan Indien.

Son premier recueil, Résîliences (2007), est une collection de premiers poèmes qui n’étaient pas destinés à être publiés. Car si leur auteur écrit dans la clandestinement depuis l’âge de 14 ans, ce n’est qu’en 2007, suite à un événement tragique, et encouragée par le poète mauricien Umar Timol, qu’elle se hasarde à sortir ses textes de leur tiroir pour les proposer à l’édition. Le titre, Résîliences, place d’emblée le recueil sous le signe du tragique à surmonter. L’écriture propose une exploration poétique du rapport entre l’être et l’île, cette dernière étant à la fois espace de quête et lieu de clôture, comme métaphore de l’être en crise.

Dans son deuxième recueil, Le barattage de la mer de lait (2009), Catherine Boudet revisite, en une poétique concise et inattendue, le mythe hindou de la genèse du monde, l’amritamanthana. Catherine Boudet donne ainsi à lire « une poésie qui s’affirme comme un chant, une attente de la rédemption. Avec des signes, des images hallucinées et visionnaires et peu de mots, elle crée un paysage qui pose une mémoire collective, une histoire, et qui se transformera en espace parfaisant le souvenir et l’espoir » (Norbert Louis, « La mer, ses perpétuelles mutations, sa transcendance symbolique », Week-End du 14 février 2010).

Dans Nos éparses nos sulfureuses (2010), dont la métaphore mystérieuse du titre désigne « ces îles qui contusionnent l’âme », l’oreille perçoit, selon les mots de l’écrivaine mauricienne Ananda Devi, préfacière, « la musique décomposée des silences que le poète capture, restitue, recrée, réinvente tandis qu’il se tient tout au bord de sa falaise de doutes pour revivre l’instant de vertige avant le basculement ».

Pour Catherine Boudet, « écrire est un acte de survie, poursuit son cheminement dans l’exigence d’une écriture qui ne pactise point avec le superflu », commente Gabriel Okoundji (Cultures Sud, avril 2010).


Oeuvres principales:

Poésie:

  • Résîliences. Paris: L’Harmattan, 2007.
  • Le barattage de la mer de lait. Paris: Ndze, 2009.
  • Nos éparses nos sulfureuses. Préface: Ananda Devi. Paris: Acoria, 2010.
  • Haïkons, petits poèmes à emporter. Marseille: Kirographaires, 2012.
  • Les laves bleues [Calligraphie des silences]. Montpellier: Souffles, 2012.
  • Pagana (en collaboration avec l’artiste-peintre Robert Lobet). Nîmes: La Margeride, 2013.
  • Bourbon hologramme. Paris: L’Harmattan, 2013.

Récits:

  • Pages mauriciennes; chroniques journalistiques de l’île Maurice. Saint-Denis: Edilivre, 2013.
  • Le manifeste de la pensée longaniste. Saint-Denis: Edilivre, 2014.

Présence dans des anthologies:

  • « Ce qui fait partie de la nuit », « Le peintre des mirages », « Balaclava ». Carnavalesques 4 « Spécial Iles de l’océan Indien » Editions K’A/ Aspect Editions, 2010: 17-19.
  • « Mémoires ». Riveneuve Continents 10 (hiver 2009-2010): 260-61.
  • « Au pied du Morne » et « Souvenir devenu chair ». Terres d’Afrique. Beroua (Cameroun): Ndze, 2011: 31-33.
  • « Au concert ». Voix Vives de méditerranée en méditerranée; Anthologie Sète 2012. Paris: Bruno Doucey, 2012: 52-53.
  • « Éloge de la boue ». Momento Nudo. Amay (Begique): L’arbre à paroles, 2013: 108-109.

Articles scientifiques:

  • « Emeutes et élections à Maurice. La mort de Kaya, aléa ou échec de la construction nationale ? ». Politique Africaine 79 (2000): 153-64.
  • « Les abolitions de l’esclavage et la construction d’une identité franco-mauricienne ». Esclavage et Abolition dans l’Océan Indien 1723-1860. Paris, L’Harmattan, 2002: 255-66.
  • « L’émergence de la démocratie consociative à Maurice (1948-1968) ». Annuaire des Pays de l’Océan Indien 17 (2003): 325-36.
  • « Le discours identitaire comme gestion de la contradiction ». Kabaro/Revue Internationale des Sciences de l’Homme et des Sociétés 3.3-4 (2005): 23-44.
  • « Pouvoirs et technologies en situation coloniale : les Franco-Mauriciens et le monopole des technologies sucrières à Maurice et au Natal (1825-1968) ». Revue Historique de l’Océan Indien 2 (2006): 178-93.
  • « Une minorité ethnique dominante et son identité face à la décolonisation : l’émigration franco-mauricienne en Afrique du Sud (1947-68) ». Journal of Mauritian Studies 3.1 (2006): 26-49.
  • « Les Franco-Mauriciens : une diaspora pollinisée ». Revue Européenne des Migrations Internationales 23.3 (2007): 109-31.
  • « Les enjeux politiques de la mémoire du passé colonial à l’île Maurice » (avec J. Peghini). Transcontinentales (2008): 13-36.
  • « Élargir l’espace démocratique : la presse mauricienne et le citoyen informé ». Enhancing Democratic Systems: The Media in Mauritius, A Dialogue Session. Christina Chan-Meetoo Roukaya Kasenally, éds. Réduit: University of Mauritius, 2011: 49-58.
  • « Le rôle du « péril hindou » dans la mise en place de la démocratie consociative à l’île Maurice (1947–73) ». Canadian Journal of African Studies/Revue Canadienne des Etudes Africaines 12.2 (2012): 177-193.

D’autres ouvrages:

  • Les Franco-Mauriciens entre Maurice et l’Afrique du Sud: identité, stratégies migratoires et processus de recommunautarisation, Thèse de doctorat, Science-Po Bordeaux, 2003, 642 p. (éditée à l’ANRT).
  • Pages mauriciennes. Chroniques journalistiques de l’île Maurice. Paris: Edilivre, 2013, 370 p.

Prix et distinctions littéraires:

  • 2012     Grand Prix de poésie Joseph Delteil 2012, pour Les laves bleues [Calligraphie des silences].

Sur l’oeuvre de Catherine Boudet:

  • Antoine, Ronnie. « Catherine Boudet. L’écriture de la survie ». L’Hebdo (8 février 2010).
  • Assonne, Sedley. « La poésie au nom de l’ « Il » ». Le Matinal (25 novembre 2008).
  • Bellier, Dominique. « Le verbe intense de Catherine Boudet ». Le Mauricien (30 décembre 2009).
  • Bellier, Dominique. « Un barattage pour se reconstruire ». Le Mauricien (29 janvier 2010).
  • Bellier, Dominique. « L’incandescence née du silence des laves ». Le Mauricien (19 janvier 2013).
  • Groëme-Harmon, Aline. « Catherine Boudet, crème de sens ». L’Express (25 janvier 2010).
  • Groëme-Harmon, Aline. « Effusion des sentiments ». L’Express (28 janvier 2013).
  • Louis, Norbert. « La mer, ses perpétuelles mutations, sa transcendance symbolique ». Week-End (14 février 2010).
  • Louis, Norbert. « Catherine Boudet : âme et matière ». Week-End (13 juin 2010).
  • Louis, Norbert. « Catherine Boudet : mourir et renaître à la poésie ». Week-End (22 novembre 2012).
  • Louis, Norbert. « Catherine Boudet : Pagana une expérience poétique ». Week-End (20 avril 2013).
  • Okoundji, Gabriel. « Une déshistoire singulière ». New African (mai-juin 2010).
  • Okoundji, Gabriel. « Nos éparses, nos sulfureuses. Note de lecture ». Cultures Sud (avril 2010).
  • Ranaivoson, Dominique. « « Résîliences », de Catherine Boudet ». Africultures (23 mars 2008).
  • Ranaivoson, Dominique. « Note de lecture sur « Le barattage de la mer de lait » ». Africultures (16 février 2010).
  • Ranaivoson, Dominique. « Note de lecture sur « Les laves bleues [Calligraphie des silences] » ». Africultures (12 février 2013).

Liens:

sur Île en île:

  • Quatre poèmes de Catherine Boudet, « Nous, îlochtones », « Exîle », « Florebo Quocumque Ferar » et « Marronnage blanc » (extraits de Nos éparses nos sulfureuses, 2010).

ailleurs sur le web:


Retour:

http://ile-en-ile.org/boudet/

mis en ligne : 5 mai 2011 ; mis à jour : 28 novembre 2015