Adjmaël Halidi

Adjmaël Halidi

autoportrait © Adjmaël Halidi
Moroni, avril 2019

Adjmaël Halidi naît le 12 juin 1986 dans l’île d’Anjouan, à Tsembéhou, d’un père professeur de philosophie et d’une mère institutrice. C’est lorsque son père devient ministre de l’Intérieur qu’Adjmaël Halidi est scolarisé en primaire à Moroni de 1990 à 1993, année où son père, devenu premier ministre, est déposé par une motion de censure. La vie d’Adjmaël Halidi est donc rythmée par la politique et faite d’allers et retours entre Anjouan et la Grande-Comore, au gré des élections et des nominations paternelles. Adjmaël Halidi obtient le baccalauréat en 2004.

Il part ensuite étudier à Tananarive, capitale de Madagascar, pendant trois années, et obtient une licence en sociologie, option « Travail social et développement ». En 2011, il décide de poursuivre ses études à Aix-en-Provence, obtenant un master 2 « Management public et relations internationales ».

Travailleur social de formation, il a également été journaliste de presse écrite pour La Gazette des Comores, à partir de 2008, ainsi qu’à la radio. De 2008 à 2010, il organise des ateliers de poésie en Grande-Comore et à Anjouan. En 2009, invité à Mayotte par l’association Eldorado 3, il anime des ateliers d’écriture et participe à des événements culturels, en particulier comme slameur et comme comédien.

D’abord repéré dans deux ouvrages collectifs, une anthologie de poésie francophone intitulée Invitation to A Voyage en 2008, puis dans Rimeurs, Slameurs et autres rencontres, Adjmaël Halidi devient progressivement le « mainate anjouanais » :

« C’est un vers, une métaphore, dans Oraisons vespérales. C’est du fait des voyages incessants. Des allers-retours. De l’instabilité dans l’enfance. Du fait d’être refoulé de Moroni. D’être malmené à Anjouan, à cause de la filiation. Le fait aussi de raconter cela, à travers l’écrit et la parole (le théâtre, le slam-poésie, etc.) Mainate comme oiseau qui vole et qui s’exprime par la parole. »*

Polygraphe, il est principalement poète, auteur des Oraisons vespérales en 2009, puis nouvelliste avec Nahariat et autres nouvelles des îles des Comores (2011).

Il réalise également, en 2008, un court métrage, lauréat du Comores International Film Festival (CIFF) de Moroni en 2012 ; intitulé Un grand cimetière sous la lune, il y slame un texte de Sadani. Il co-organise, en 2017, le premier Salon du Livre des Comores et de l’océan Indien à Moroni.

Adjimaël Halidi publie, en 2017, un essai de sociologie intitulé Délinquance et immigration : un lien avéré ? nominé pour le prix de l’Écrit social l’année de sa parution. Il est enfin directeur de publication de Repères, un magazine d’expertise qui commence à paraître en 2017 et change ensuite de nom pour Nouvelles Dynamiques Africaines (NDA). Il s’inscrit, en 2020, en doctorat de sociologie à l’université de Laval, au Québec, et travaille sur le fonctionnement des États postcoloniaux.

On insistera enfin sur la distinction entre les deux noms de l’auteur, Adjmaël Halidi en littérature et Adjimaël Halidi en sciences sociales, un « i » qui, entre le « j » et le « m », permet de distinguer deux facettes d’un individu, deux styles d’écriture :

« La littérature c’est ma manière à moi de rester humain, avec la vulnérabilité et la fragilité que cela implique. Les sciences sociales exigent de la froideur, de l’objectivité ou de la neutralité. La littérature non. Au contraire, ce sont les émotions qui commandent l’écriture, la peine, la tristesse surtout, et de temps en temps, la joie. La fragilité et la vulnérabilité de l’homme s’expriment par le biais de la littérature ; c’est donc un exutoire, une sorte de catharsis, voire une thérapie. Ce que j’encaisse en tant que sociologue ou professionnel ou tout simplement en tant qu’humain (à l’époque en tant qu’enfant) je l’évacue par le biais de l’écriture littéraire. »*

Autant la littérature est distinguée des sciences sociales, en particulier de la sociologie, autant le métier de journaliste s’en rapproche, en raison d’un exercice commun : l’entretien.

– Christophe Cosker

* Propos recueillis pour le portrait d’Adjmaël Halidi sur Île en île.


Oeuvres principales:

Poésie:

  • Au Rythme des alizés. Levallois-Perret: Éditions de la Lune, 2006.
  • Oraisons vespérales. Paris: L’Harmattan, 2009.

Nouvelles:

  • « Le Sang bâtard ». Petites fictions comoriennes. Moroni: Komedit, 2010: 15-19.
  • Nahariat et autres nouvelles des îles des Comores. Moroni: Komedit, 2011.

Théâtre:

  • Uhuru Afrika ! Paris: L’Harmattan, 2012.

Littérature orale (conte):

  • Bako et sa chèvre/Bako na imbuzi yahe (bilingue). Moroni: Komedit, 2017.

Roman:

  • Évanescence. Moroni: Komedit, 2019.

Essai:

  • Délinquance et immigration: un lien avéré ? Étude sur les mineurs délinquants détenus dans les Bouches-du-Rhone. Paris: L’Harmattan, 2016.

Article:

  • « Comores : colonisation, insularité et imaginaire national ». Les Cahiers d’Outre-Mer (Bordeaux: Presses universitaires) 278 (2018): 403-432.

Liens:

ailleurs sur le web:

extraits de presse:


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Dossier Adjmaël Halidi préparé par Christophe Cosker

http://ile-en-ile.org/halidi/

mis en ligne : 26 décembre 2020 ; mis à jour : 26 décembre 2020