Pierre Gope

Pierre Gope, photo © Éric Dell'Erba Nouméa, juin 2005

photo © Éric Dell’Erba
Nouméa, juin 2005

Pierre Wakaw Gope naît le 31 janvier 1966 en Nouvelle-Calédonie, à Maré, l’une des îles de l’archipel des Loyauté, dans l’un des clans de la tribu de Pénélo. Il grandit entre l’école et la vie à la tribu, à l’écoute de son grand-père et de la terre.

Jeune stagiaire au développement, il accomplit en 1990 un long périple autour de la Grande Terre calédonienne pour enquêter sur les origines du peuple kanak.

Un an plus tard, il découvre le théâtre en assistant à une répétition du groupe Koteba, compagnie africaine que dirige le metteur en scène Suleiman Koly. Et il a l’immédiate conscience qu’existe là une forme rendant possible une parole nouvelle.

Il quitte alors pour la première fois sa terre natale en direction d’Abidjan où il travaille avec Suleiman Koly. Puis il rejoint Peter Walker au Vanuatu, suit une formation avec Peter Brook à Rennes et fonde au début des années 1990 sa propre troupe, la Compagnie Cebue (Cebue signifie « mémoire » en nengone, la langue de l’île de Maré).

Dès 1992, la création par celle-ci de Wamirat, le fils du chef de Pénélo révèle toute l’originalité d’une voix qui s’attache à tisser les ressources formelles et symboliques de la langue française et de la langue maternelle de l’auteur, le nengone. Et qui sait s’appuyer sur la théâtralité des cultures océaniennes, où l’humour et la poésie, la malice et la solennité font étonnamment bon ménage.

Cette voix n’a pas cessé depuis d’interpeller la société qui est la sienne. Celle de la Nouvelle-Calédonie qui entend se projeter dans un destin commun à toutes ses communautés. Celle de la société kanak à laquelle Pierre Gope renvoie un miroir qui sait se faire sans concessions, sur des thèmes aussi difficiles que le viol, l’inceste, le suicide, l’alcoolisme, la compromission sous toutes ses formes, la violence. Mais en l’appelant à aller chercher en elle-même, en ses valeurs profondes d’accueil et d’ouverture aux apports de l’extérieur, la force de dire non à l’exclusion et de maîtriser son développement.

Du 24 septembre au 25 novembre 2001, en compagnie d’auteurs de théâtre de l’Outre-mer français, Pierre Gope a participé à la résidence d’écriture « D’un océan à l’autre » à Villeneuve-lès-Avignon – la Chartreuse. De cette résidence est née, avec l’auteur calédonien Nicolas Kurtovitch, la pièce Les Dieux sont borgnes. L’écriture de La Parenthèse s’est amorcée à cette occasion.

Pierre Gope est par ailleurs membre de l’Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie.


Oeuvres principales:

Théâtre:

  • Wamirat, fils du grand chef de Pénélo, 1992.
  • Où est le droit ? (1994).Où est le droit ? Okorentit ? Nouméa: Grain de sable, 1997, 2002.
  • Le Silence brisé, 1996.
  • Le Cri du désespoir, 1997.
  • Cendres de sang, 1998.
  • Pavillon 5, 1999.
  • Le Dernier crépuscule. Nouméa: Grain de sable, 2001.
  • La Fuite de l’Igname, 2002.
  • Les dieux sont borgnes (avec Nicolas Kurtovitch). Nouméa: Grain de sable, 2002.
  • Les Murs de l’oubli, 2003.
  • La Parenthèse (2004).Nouméa: Traversées, 2005.
  • Les Champs de la Terre, 2005.
  • Passe, j’ai le temps, 2005.
  • La Nouvelle et sublime histoire de Roméo et Juliette, 2007.

Poésie:

  • S’ouvrir. Nouméa: L’Herbier de Feu, 1999.

Mises en scène:

En plus de la mise en scène de ses propres pièces:

  • Pierre Gope a mis en scène Kënâké 2000, pièce d’une auteure kanak d’importance, Déwé Gorodé, lors du Festival des Arts mélanésiens à Nouméa en 2000.
  • Pierre Gope a travaillé avec la compagnie réunionnaise Acte 3 et l’auteure Lolita Monga à une adaptation du texte d’Aristophane Les Grenouilles. Créée à la Réunion avec des acteurs de la compagnie réunionnaise et des acteurs kanak de la Compagnie Cebue de Pierre Gope, cette adaptation des Grenouilles a effectué une tournée dans le Pacifique en 2004.

Prix et distinctions littéraires:

  • 2009     Prix Vi Nimö du SILO (Salon international du livre océanien), pour Où est le droit ? Okorentit ?

Traductions:

in English:

  • The Last Nightfall (Le Dernier crépuscule). Trad. Baineo-Boenengkih et Penelope S. Keable. Nouméa: Grain de sable / Suva (Fidji): Institute of Pacific Studies, University of the South Pacific, 2002.

in italiano:

  • Gli dei sono ciechi (Les Dieux sont borgnes). Trad. Micaela Fenoglio. Turin: L’Harmattan, 2003.

Sur l’oeuvre de Pierre Gope:

  • Fenoglio, Micaela. Des Racines et des ailes : La littérature francophone de la Nouvelle-Calédonie. Préface de Anna Paola Mossetto. Turin: L’Harmattan Italia, 2004.
  • Ramsay, Raylene. « L’hybridité comme identité(s) française(s) et altérité(s) dans les littératures émergentes en Nouvelle-Calédonie ». Dalhousie French Studies 74/75 (Spring-Summer 2006): 413-426.

Liens:

ailleurs sur le web:


Retour:

dossier Pierre Gope préparé par Anne Bihan

http://ile-en-ile.org/gope/

mis en ligne : 3 juillet 2005 ; mis à jour : 21 septembre 2017