Ali Zamir

Ali Zamir

photo © Sarah Bastin
Forum FNAC Book, 2017

Ali Zamir est né le 7 janvier 1987 à Mutsamudu sur l’île d’Anjouan (l’une des îles autonomes de l’Union des Comores). Son père, un ancien instituteur devenu par la suite conseiller pédagogique, et sa mère, femme au foyer, se séparent quand il est jeune. Très tôt, il est épaulé par son père, qui le soutient dans son parcours scolaire, et sa mère, qui se soucie de son bien-être et de sa carrière d’écrivain. Le jeune Ali Zamir s’adonne passionnément à la lecture, même s’il doit lire à la lueur d’une bougie le soir venu puisque les coupures d’électricité sont fréquentes sur l’île. Inspiré par ses diverses lectures, il se lance dans l’écriture en rédigeant non seulement des contes et des nouvelles, mais aussi des articles sur la violence et la délinquance juvénile.

En 2005, il décroche une bourse à l’Université du Caire pour commencer un Master en lettres modernes qu’il finit en 2010. Durant ses études, il ressent la nécessité d’écrire pour s’élever contre le silence qui entoure des drames quotidiens. Parmi ses premiers textes publiés figurent des nouvelles sur le sida (« Roger et Rosine », « Karim l’invincible », « Une fille pas comme les autres ») et une autobiographie inédite sur son arrivée au Caire en 2005. Il commence aussi la rédaction de son premier roman Anguille sous roche en 2009.

Ali Zamir entame sa carrière professionnelle au Caire comme agent et conseiller au service à la clientèle dans une compagnie canadienne de télécommunication pendant six mois avant de rentrer aux Comores en 2011. Il devient tour à tour conseiller municipal, chargé de mission du Ministre de la Justice et de la Fonction publique avant d’enseigner le français en classe terminale. Par la suite, il occupe le poste de délégué chargé de la Police municipale, du Service eau et du Tourisme de la Commune de Mutsamudu. Il représente la mairie de Mutsamudu au Forum International des Médinas au Maroc en 2014. La même année, il accepte le poste de secrétaire au Collectif du Patrimoine des Comores qu’il occupe jusqu’en 2016.

En 2017, il inaugure la résidence d’écrivains créée par Montpellier Méditerranée Métropole au musée archéologique Lattara-Henri Prades. Par la même occasion, il en devient le premier auteur résident invité et séjourne pendant cinq mois afin de rédiger le roman Mon étincelle. La même année, il est désigné Parrain du Florilège Littéraire International des Écrivains en Herbe Francophones 2017 (organisé par l’Académie du Livre de Montpellier en partenariat avec le Ministère de l’Education National, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche).

Son premier roman, Anguille sous roche, paraît en 2016, chez les éditions Le Tripode (Paris). La trame narrative relate l’histoire d’une jeune fille trop sage qui fait l’expérience d’une passion destructrice. Abandonnée par son amant, la jeune fille décide d’embarquer sur un kwasa-kwasa pour aller à Mayotte. Malheureusement, l’embarcation ne résiste pas au déferlement des vagues. Sentant ses forces l’abandonner, la jeune femme fait une rétrospection et entraîne le lecteur dans le récit de sa vie.

Mon étincelle (2017) narre le trajet d’une jeune femme de La Grande Comore à Anjouan à bord d’un avion. Prise dans les turbulences durant le vol, elle se remémore sa vie affective et de son amour partagé entre deux hommes. Dans la même foulée, les histoires d’amour que lui contait sa mère lui reviennent en tête.

Dérangé que je suis, le troisième roman de Zamir est récipiendaire du prix Roman France Télévisions en 2019. Cette œuvre met en scène l’histoire tragi-comique d’un pauvre docker qui tente modestement de trouver du travail pour se nourrir. Sa vie est bouleversée lorsqu’il croise sur son passage une femme éblouissante.

Ali Zamir, écrivain au style original, ayant un don pour les récits incongrus et l’emploi des mots rares, s’adonne à l’écriture pour parler de la femme, des enfants et des pauvres tout en brisant les tabous liés à la peur de l’autre. Si la trame narrative de ses romans se situe principalement dans la région insulaire des Comores dans l’océan Indien, l’écriture subversive de l’auteur n’en brave pas moins les interdits sociaux et porte sur des sujets sensibles qui touchent tout le monde. Il n’hésite pas à enfreindre les méthodes et les conventions littéraires pour brouiller les frontières et permettre à ses ouvrages d’atteindre une dimension universelle.

Ali Zamir poursuit sa carrière d’écrivain à Montpellier en France et il aspire à rentrer un jour chez lui aux Comores pour contribuer au domaine de l’éducation. S’estimant chanceux dans son parcours d’écrivain, il veut à son tour aider les jeunes de son pays à vivre leur passion pour la lecture et l’écriture. Pour ce faire, il a l’intention d’ouvrir plus tard des bibliothèques et des médiathèques dans son île natale d’Anjouan.

 – Sushma Dusowoth


Oeuvres principales:

Romans:

  • Anguille sous roche. Paris: Le Tripode, 2016.
  • Mon étincelle. Paris: Le Tripode, 2017.
  • Dérangé que je suis. Paris: Le Tripode, 2019.

Prix et distinctions littéraires:

  • 2008     Prix du département de Langue et Littérature française de la Faculté de Lettres de l’Université du Caire.
  • 2016     Prix Senghor, pour Anguille sous roche.
  • 2016     Mention Spéciale du Prix Wepler, pour Anguille sous roche.
  • 2017     Prix Mandela de Littérature, pour Anguille sous roche.
  • 2017     Prix des Rencontres à Lire de Dax, pour Anguille sous roche.
  • 2018     Prix ACP Femmes et jeunes (Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique), pour Mon étincelle.
  • 2019     Prix France Télévisions, catégorie roman, pour Dérangé que je suis.

Sur l’oeuvre de l’Ali Zamir:

  • Lefilleul, Alice. « Dérangé que je suis de Ali Zamir ». Africultures (avril 2019).
  • Marin la Meslée, Valérie. « Ali Zamir : ‘La littérature est une chance de pouvoir accéder à l’impossible’ ». Le Point (septembre 2017).
  • Mournetas, Catherine. « Anguille sous roche de Ali Zamir ». Muzdalifahouse (décembre 2016).
  • Ranaivoson, Dominique. « L’odeur du Gaza de Mayotte ». Africultures (novembre 2016).

Traductions:

auf Deutsch:

  • Die Schiffbrüchige. Übersetzer: Thomas Brovot. Berlin: Eichborn, 2017.

in English:

  • A Girl Called Eel. Translated by Aneesa Abbas Higgins. London: Jacaranda Books, 2019.

in het Nederlands:

  • Aal onder water. Vertaald door Floor Borsboom. Amsterdam: Wereldbibliotheek, 2018.

Liens:

ailleurs sur le web:


Retour:

Dossier Ali Zamir préparé par Sushma Dusowoth

http://ile-en-ile.org/zamir/

mis en ligne : 30 septembre 2020 ; mis à jour : 30 septembre 2020