Patrice Treuthardt

Patrice Treuthardt, photo © Thomas C. Spear Saint-Denis de la Réunion, 26 avril 2004

photo © Thomas C. Spear
Saint-Denis de la Réunion, 26 avril 2004

in moun i koné pa ousa li sorte,
koman ou vé li koné ousa li sava

Patrice Treuthardt naît le 22 janvier 1956 à Saint-Pierre (île de la Réunion). Il passe son enfance au Port (La Pointe des Galets) et habite dans deux quartiers différents situés à l’est et à l’ouest de la cité maritime : la Butte Citronnelle avec ses nombreuses ruelles et Titan avec son quartier-pêcheurs.

Il part à l’école primaire au Port jusqu’en 1966. Puis entre en sixième à Saint-Denis, au Lycée Leconte de Lisle, l’unique lycée dans l’île à cette époque. C’est le grand saut dans la capitale où sa famille s’installera définitivement à partir de 1972 à la suite de la mutation professionnelle de son père.

Au Lycée du Butor, toujours à Saint-Denis, il est en classe de première lorsqu’il rencontre une merveilleuse professeure de français qui, avec les nouveaux poètes Alain Lorraine et Boris Gamaleya, sera pour beaucoup dans sa re-naissance à la poésie, c’est-à-dire l’amour de la poésie que lui avait déjà communiqué son père qui, au repas du soir, récitait des poèmes de Baudelaire (son préféré), Verlaine et Hugo.

Avec en poche un Bac G3, Patrice Treuthardt s’inscrit à la fac d’Aix-en-Provence où il ne « tiendra » que quatre mois : l’exil très douloureux révèle sa quête identitaire et l’amour de son pays-maloya, sa langue créole.

Aussi, en rentrant à la Réunion, écrit-il son premier recueil de poésie, un long poème entièrement en kréol : Kozman maloya (1977). Ce livre comme les deux suivants sont édités d’une façon artisanale par éditions Les Chemins de la liberté, animées par un groupe d’amis, tous militants culturels, qui y trouvent un espace pour le maloya et la langue créole, bravant leur interdiction officielle. Ces éditions « marron » (non officielles) publieront une vingtaine de titres, la plupart illustrés de sérigraphies originales.

Patrice Treuthardt est animateur de Kabar-poèm (Kabarzinaj, Kabarcyber, Kabarbar…). Le kabar-poèm est un concept qu’il a mis en place pour la diffusion de la parole poétique réunionnaise. C’est un lieu où l’on porte cette parole (en général dite et non lue, improvisée parfois), souvent soutenue et rythmée par des musiciens. Dans l’essence-même du kabar, la parole est tout à la fois poétique et politique, engagée. Aujourd’hui, il existe une demande de plus en plus forte de kabar-poèm grâce aux nombreux évènements culturels tels Le Printemps des Poètes, La Semaine créole, La Fête du livre, 20 Désanm et les lectures publiques en Médiathèques.

Patrice Treuthardt est militant de la vie associative depuis plus de trente ans (au Foyer des Jeunes de Joinville) et de la culture réunionnaise, ce qui l’emmène également a travailler pour les éditions Les Chemins de la liberté, à promouvoir une graphie du kréol rényoné, et à participer à la Semèn kréol, la fête « 20 Désanm » et à de nombreux Kabar-poèm. Le poète est animateur et intervenant par le Conte et la Poésie dans les établissements scolaires, bibliothèques, lieux culturels et dans des kabar et cafés littéraires. Il est l’un des membres fondateurs et actifs du groupe Ziskakan (1979) qui met en musique ses textes.

Citoyen du monde et arpenteur de l’indianité (il fait des voyages réguliers en Inde depuis 1981), Patrice Treuthardt est questionneur de l’Histoire india-océanique (d’où ses voyages à Madagascar, au Zanzibar et ailleurs).

Le poète participe régulièrement à des réunions littéraires internationales: le Salon du livre du Mans, le Centre International de Poésie de Marseille, Semaine créole à Lyon, le Festival Contes et Légendes de Joinville, la Maison de la Poésie de Grenoble, Soirée Couleur saphir de l’ARCC, le Festival Leu Tempo 2002, Kabar Gran Bazar 2002, Kabar Po èm Momon 2003, le Festival de Poésie indianocéanique 2003…

Père de deux enfants, Frédéric et Matthias, Patrice Treuthardt vit à Saint-Denis où il était employé de banque. Sportif, c’est un sélectionné de foot-ball et de hand-ball. Musicien, son instrument préféré est le kayanm. Patrice Treuthardt est également un chasseur de gouzou, petit personnage des murs réunionnais créé par le graffeur Jace.


Oeuvres principales:

Poésie en kréol et en français:

  • Kozman Maloya. Saint-Denis: Les Chemins de la liberté, 1978; Saint-Denis: K’A éditions, 2002.
  • Wati Watia. Saint-Denis: Les Chemins de la liberté, 1978.
  • 20 Désanm et d’entre tous les Zanzibar. Saint-Denis: Les Chemins de la liberté, 1979.
  • Ansanm-Ansanm pou in gran 20 Désanm. Le Port: ADER/Village Titan, 1981; réédition par le Conseil Général de La Réunion pour le 150° anniversaire de l’abolition de l’esclavage, 1998.
  • Pointe et Complainte des galets. Le Port: ADER/Village Titan, 1986.
  • Korbèydor. Saint-Denis: UDIR, 1990.
  • Les Manèges de la Terre. Le Port: Loukanou, 1995.
  • Konpliman pou mon K. Le Port: Loukanou, 2000.
  • Gouzie d’amour, douze poèmaloya. Saint-Denis: Éditions Palika Lé Zar, 2012.
  • Toute la ville descend vers la mer. Saint-Denis: Éditions Palika Lé Zar, 2013.

Enregistrements sonores:

  • Patrice Treuthardt dit ses textes, « Kozman maloya » (poèt larénion n°2). Marseille: Editions K’A, 2001.

Textes parus dans des ouvrages collectifs:

  • « Moin nana in Péi », « Dosou pié-mang la kaz Henri », « J’aime ces grands soirs » et « Mais quoi ». Rougay le mo, textes réunis sous la direction de Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo et Françoise Sylvos. Ille-sur-Têt: K’A, 2008: 163-170.

Beau Livre:

  • Gouzous gouzous. Street art de Jace. Texte de Patrice Treuthardt. Trois-Mares: Dodo vole, 2011.

Liens:

sur Île en île:

ailleurs sur le web:


Retour:

Dossier Patrice Treuthardt préparé par Thomas C. Spear

http://ile-en-ile.org/treuthardt/

mis en ligne : 5 août 2005 ; mis à jour : 17 décembre 2016