Narcisse Randriamirado

Narcisse Randriamirado

photo © Raharimanana
Antsiranana, août 2006

Narcisse Randriamirado est né le 28 mars 1954 à Antananarivo. Il a exercé le métier de journaliste de longues années à Antananarivo et à Antsiranana.

Notamment connu pour son recueil de nouvelles Grand-mère est morte au premier cocorico, présenté une première fois sous forme théâtrale lors du dixième anniversaire du Lycée technique de la ville d’Antsiranana, diffusé ensuite dans divers journaux et magasines du pays avant d’être publié en 2002 à Paris aux éditions Findakly, Narcisse Randriamirado se définit comme un « conteur social ».

Auteur sensible aux échos de la rue et du quotidien, il porta un soin particulier aux formes susceptibles d’atteindre ceux qui n’ont pas accès aux livres. Il pratiqua abondamment les sketches, les pièces courtes, les comédies et les émissions de radio, tint des ateliers d’écritures et de déclamations dans les écoles, les bibliothèques et autres espaces ouverts. La plupart des ses œuvres, en malgache comme en français, portées par une grande oralité, sont inédites à ce jour. L’humour et l’insolite traversent son œuvre tout comme la peinture de la tradition ou de l’imaginaire populaire. Sa langue est celle de l’espièglerie volée à des personnages qu’il qualifie « d’ordinairement extraordinaires », ou l’inverse « d’extraordinairement ordinaires » (la grand-mère visionnaire, les ancêtres visiteurs, le marchand de poulet, la sorcière qui marche flottant au ras du sol, le dahalo voleur de zébu rendu invisible par ses talismans…).

Narcisse Randriamirado aborde des sujets apparemment simples mais qui reflètent des préoccupations profondes de la société malgache. Dans « Grand-mère est morte au premier chant du cocorico », il explore avec bonheur le rapport à la mort, le lien avec les ancêtres, et comment d’un état de vivant, l’humain continue à l’état d’ancêtre, la mort n’étant qu’une continuation de l’existence. Avec sa plume légère, l’air de rien, il touche et pique. Les questions de la pauvreté et de la corruption s’étalent ainsi au grand-jour, au milieu des rires, fantaisies et autres couleurs de ses récits : « c’est ainsi dans mon pays. On tue des zébus, on boit du rhum, on fait aussi l’amour pour rétablir l’équilibre entre les morts et les vivants… ».

Très lié à la ville d’Antsiranana et s’attachant à son rayonnement, Il a été accueilli en résidence d’écrivain à Douarnenez en 2004. En 2005, croisant sa nouvelle « Mat da gas karr », avec celle, « Madamorphose », de l’écrivain breton Gérard Alle, il insiste sur l’importance des échanges culturels et sur la nécessité de connaître l’autre pour dépasser les incompréhensions et les rapports hérités de la colonisation. « Mat da gas karr », expression bretonne qui signifie « bon à conduire voiture », fut ainsi publiée en malgache et en français et raconte l’histoire du pirogueur Jaoravo, qui en postant les lettres des marins bretons croisés dans la baie d’Antsiranana, cherche un mari à sa sœur. Le trouvant, il initie avec celui-ci un voyage en France où il découvre la Cité du Ponant… Pour lui, raconter son pays, c’est « présenter une autre façon de voir le monde », une manière de partager « un savoir-faire, un savoir-être ». « La découverte ou la connaissance de l’autre a pour effet la prise de conscience de soi, et par voie de conséquence, le besoin de se surpasser ». C’est paradoxalement dans ce cadre, lors de sa résidence d’écriture dans le Finistère qu’il livra son travail le plus significatif en langue malgache.

Narcisse Randriamirado serait décédé vers 2015.

– Raharimanana


Oeuvres principales:

Nouvelles:

  • Grand’mère est morte au premier cocorico. Paris: Findakly, 2002.
    Recueil de quatre nouvelles : « Grand’Mère est morte au premier cocorico », « Dahalo, voleurs de zébus », « Gri-gri à la noix » et « Enveloppes timbrées ». « Grand-mère » a paru également dans : Variété (Bulletin de liaison de l’Alliance Française de Madagascar) 2 (1990) ; dans Nouvelles (sous la direction de David Jaomanoro). Antananarivo: Éditions du Centre Culturel Albert Camus, 1995: 19-24 ; et dans Chroniques de Madagascar, sélectionnées et présentées par Dominique Ranaivoson. Saint-Maur-des-Fossés (France): Sépia, 2005: 91-97.
  • « Mat da gas karr » (en français) et « Mat da gas karr Tanindrazanay » (en malgache). Regards croisés Finistère-Antsiranana. Brest: Conseil Général du Finistère, 2005: 17-27 et 101-122.
  • « Fax de singe », inédit.

Théâtre:

  • On ne vit que trois fois. Mise en scène à l’Alliance française de Diego Suarez, 1990, inédit.
  • Allons zomelettes. Mise en scène de Christiane Ramanantsoa, à Antananarivo (l’espace Aro et au collège St Antoine) par l’Atelier Théâtre de l’Alliance française en 1991 et à Antsirabe en 1992, inédit.
  • Mes femmes et tes maris. 1995, inédit.
  • À la ronde, inédit.
  • Dieu en enfer, inédit.

Romans:

  • Ce n’est pas mon vouvoulé, inédit.
  • Sorcière, le concert dure, inédit.

Distinction littéraire:

  • 2004     Résidence d’écriture parrainé par le Conseil du Finistère à Douarnenez (France).

Liens:

ailleurs sur le web:


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Dossier Narcisse Randriamirado préparé par Raharimanana

http://ile-en-ile.org/randriamirado/

mis en ligne : 8 janvier 2021 ; mis à jour : 8 janvier 2021