José Le Moigne

José Le Moigne, photo © Christine Le Moigne-Simonis Le Carbet (Martinique), novembre 2007

photo © Christine Le Moigne-Simonis
Le Carbet (Martinique), novembre 2007

José Le Moigne est né le 7 janvier 1944 à Fort-de-France (Martinique), d’un père breton et d’une mère martiniquaise. En 1947, la famille quitte la Martinique après la démobilisation du père pour s’installer dans le Brest (dans le Finistère), ruiné de l’après-guerre. Il y passe son enfance et son adolescence. Il quitte la Bretagne en 1968, après la réussite d’un concours administratif. Dès lors, il exerce son métier d’éducateur puis de directeur à la Protection Judiciaire de la Jeunesse (Ministère de la Justice) à travers la France métropolitaine (Lamotte-Beuvron, Clermont de l’Oise, Rouen, Nantes, Valenciennes, Douai).

José Le Moigne est membre du Comité de Rédaction de la revue Hauteurs (Valenciennes) et à ce titre publie de nombreux antillais (le numéro six de la revue consacré à la littérature antillaise). Depuis 1993, il est membre du comité d’administration de la Maison de la Poésie du Nord-Pas de Calais.

Outre son œuvre poétique, l’œuvre en prose de José Le Moigne est marquée par le métissage dans la mouvance du mouvement de la Créolité (Bernabé, Confiant et Chamoiseau) à cette nuance près que, les circonstances de la vie l’ayant conduit à vivre en France, il doit se battre pour faire reconnaître son identité créole. Raphaël Confiant a préfacé son essai Joseph Zobel, la tête en Martinique et les pieds en Cévennes (2008).

José Le Moigne est également l’auteur de chansons qu’il interprète en s’accompagnant à la guitare. (Un exemple, « Ballade pour un matin », est disponible sur Île en île.)

Marié à une photographe belge, il vit et écrit entre la Bretagne et la Belgique (La Louvière).


Oeuvres principales:

Romans:

  • Chemin de la mangrove. Paris: L’Harmattan, 1999.
    Extrait : « La danse reste toujours lucide et provocante lança Alphonso Mérard, dit Sonson l’amiral, en esquissant pour moi les pas de la laghia. Tu vois, elle est semblable à notre île, à ses racines profondes sous la mer. Lorsque le diable s’en mêle, elle est pareille au rhum circulant sous la peau. Elle allume dans ma tête un vertige de mondes souterrains et je deviens Janus dansant aux frontières de la nuit. Ah, j’aime la danse ! Au point de m’engloutir en elle comme dans l’oeuil du cyclone. Je suis danse de l’île et danse de la terre. Également je suis amour, car danse et amour sont d’une commune essence. Je suis celui qui danse debout sur une étoile avant de s’écrouler, ivre de musique et de sang, sur le sol tremblant encore fertile du pas de nos ancêtres. »
  • Madiana.Matoury (Guyane): Ibis Rouge, 2001.
    Extrait : « Comme un cheval coupé dans son élan, l’auto-postale frissonna longuement de l’avant à l’arrière avant de s’arrêter au coin de l’actuelle rue Félix Eboué.
    Papa souleva son panama gris-clair.
    – Merci Maître Aristide !
    – Au plaisir, cher, répondit le chauffeur qui déjà remettait le contact. »
  • Tiré chenn-la en tèt en mwen ou l’eslavage raconté à la radion.Matoury: Ibis Rouge, 2004.
    Extrait : « Le soleil devait être doux ce matin-là. Le port devait avoir endossé cette couleur de feuille d’or un peu passée que Norbert aimait tant dans ces pays de loire où le hasard l’avait posé. Quelques ordres brefs du capitaine, les coups de sifflet impérieux du maître d’équipage, et la Marie-caroline, avec des langueurs de princesse marine, commença à s’éloigner du quai. Depout à la coupée, Jean-Marie Le Pelletier, grand et sec dans sa veste à broderies d’or, sa chemise à jabot de dentelles, la main posée sur son épée à poignée de métal ouvragé, commandait la manoeuvre. Une à une les voiles furent dressées et se gonflèrent au vent de l’Atlantique ; la Marie-Caroline, dépassa l’île de la gloriette et se fondit dans l’horizon pour un périple de deux ans.
    Ce jour-là commençait l’histoire de Djembé. »
  • Une ritournelle. Paris: Le Manuscrit, 2007.
    Extrait : « Le 27 avril 1897, mes arrières-grands-parents, des gens sans importance, des gens comme vous et moi qui traversent la vie comme s’ils n’avaient jamais vécu, se sont mariés à Hersin-Coupigny dans le Pas de Calais. »
  • La gare. Préface de Jean Métellus. Paris: Microcosmes, 2010.
  • On m’appelait Surprise. Matoury: Ibis Rouge, 2010.

Récit:

  • Joseph Zobel, la tête en Martinique et les pieds en Cévennes. Préface de Raphaël Confiant.Matoury: Ibis Rouge, 2008.
    Extrait : « Ici, dans son fief d’Anduze, Zobel est un seigneur ; le suzerain de la borgade. Il faut l’avoir suivit dans les ruelles tortueuses, sur la place du marché, ou encore au syndicat d’initiatives où, privilège régalien, on lui tire des photographies de ses dessins, ou l’avoir entendu interpeller le maire, pour mesurer toute sa puissance. Peu importe sa couleur de peau, et je ne suis pas certain que cela ait à voir avec sa célébrité, ce petit homme noir ressemble, sous son feutre qu’il ne quitte jamais, à un prince huguenot des guerres de religion. Un cévenol sûr de son droit et de sa terre. »

Poésie:

  • Polyphonies.Aurillac: Éditions du Centre, 1966.
  • Blessure d’ombre. Paris: Millas-Martin, 1974.
  • Visages-clés. Paris: Millas-Martin, 1976.
  • Portuaires…. Paris: Le Pont de l’épée, 1980.
  • Des villes par-dessus les saisons. Charlieu (France): La Bartavelle, 1992.
  • Poèmes du sel et de la terre.Amay(Belgique): l’Arbre à Paroles, 2008.
  • Échos de l’île. Paris: L’Harmattan, 2013.

Liens:

sur Île en île:

  • icon_audio « Ballade pour un matin », paroles et musique de José Le Moigne, interprétées par l’auteur-compositeur.

ailleurs sur le web:


Retour:

Dossier José Le Moigne préparé par Thomas C. Spear

http://ile-en-ile.org/lemoigne/

mis en ligne : 18 novembre 2008 ; mis à jour : 25 novembre 2015