Catherine Laurent

Catherine Laurent, photo © Alfred Jocksan Salon du livre de Paris, 2012

photo © Alfred Jocksan
Salon du livre de Paris, 2012

Catherine C. Laurent naît le 29 décembre 1962 en Lorraine (France). Elle y passe son enfance et son adolescence avec la conviction que là n’est pas sa vie. Trop de froid, d’obscurité, dira-t-elle, avec en mémoire ce jour de ses sept ans où déjà elle affirme qu’elle « partira en Australie ». C’est donc sans se retourner, avec la ferme intention de n’y jamais revenir, qu’elle quitte sa région natale à l’âge de 18 ans. Pour des études de lettres à Aix-en-Provence, dans le sud de la France.

Celles-ci la conduisent, jusqu’en 1987, à travailler sur Kenneth White et la géopoétique, à acquérir les premiers rudiments de la langue arabe et, durant une période de vacances, à traverser la Méditerranée pour se laisser séduire par la lumière de la Tunisie. Un désir ancien, tenace précise-t-elle. Né au fil de ses rencontres avec de jeunes camarades maghrébins, dans les colonies de vacances qu’encadrent ses parents. D’une adolescence où elle côtoie des étudiants venus du Maroc ou de l’Algérie pour étudier dans sa froide région. De liens très fort qui se tissent avec des amis tunisiens lorsqu’elle est en Provence, liens qui perdurent aujourd’hui alors qu’elle demeure à l’autre bout du monde.

En 1987, elle effectue un court séjour en Inde, y achève sa maîtrise de lettres (« Une lecture du Voyage à Rodrigues de J.M.G. Le Clézio : de Kenneth White à Le Clézio, le nomadisme intellectuel »). En 1988, elle se rend à Saint-Pierre-et-Miquelon où vit alors son frère. Elle y restera jusqu’en 1989, animatrice radio sur RFO, avant de regagner Paris, d’y mettre au monde son fils, de repartir en 1991 vers le sud : Perpignan, de nouveau Aix-en-Provence et une reprise d’études qui resteront inachevées, mais qui portent sur ces écrivains voyageurs dont elle aime à emboîter le pas, Nicolas Bouvier, Paul Auster, etc.

En 1993, sa décision est prise : sa prochaine destination sera la Nouvelle-Calédonie. Elle y a des amis. Elle en a rêvé à 17 ans, sans aller plus loin que le rêve. Elle atterrit en septembre de cette année-là sur le « Caillou ». Dès la rentrée de février 1994, un poste d’enseignement dans un établissement catholique lui est proposé à l’Ile des Pins, située au sud de l’archipel. Puis ce sera Bourail, petite commune du centre de la Grande Terre, et enfin Nouméa où elle est toujours professeur de français au lycée professionnel Saint-Joseph-de-Cluny.

À Bourail, sa route croise de nouveau la Méditerranée. La commune en effet compte de nombreux descendants des Kabyles qui furent déportés « au bagne de la Nouvelle ». Cette découverte suscite son écriture. Ce sera Le Cœur tranquille. Puis d’autres enracinements se construisent peu à peu, au fil de ses échanges avec les différentes communautés du pays. Ce qui n’empêche pas son court roman, Dernière Campagne, d’embarquer le lecteur en Egypte, en pleine campagne napoléonienne. La Méditerranée donc, encore et toujours. Mais où, entre les lignes, brille un soleil qui doit un peu de lui-même à celui du Pacifique.

La mort tragique de son frère en 2002 impose, dit-elle, « une autre dimension à mon travail d’écriture, une tension permanente entre la légèreté et la profondeur, aidée par la lecture quotidienne des poètes chinois ».

Catherine Laurent est membre de l’Association des Écrivains de la Nouvelle-Calédonie.

En 2005, elle crée avec Nicolas Kurtovitch le Centre géopoétique de la Nouvelle-Calédonie.


Oeuvres principales:

Roman:

  • Dernière Campagne. Nouméa: Éditions Rhizome, 2003.

Poésie:

  • Le Cœur tranquille. Illustrations de Johannes Wahono. Nouméa: L’Herbier de Feu, 1999.
  • Jardin intérieur. Nouméa: Éditions L’Herbier de Feu, 2005.

Théâtre:

  • Les jours perdus. Paris: L’Harmattan, 2014.

Essai:

  • Les Calédoniens. Paris: Henry Dougier, (octobre) 2017.

Albums:

  • Nouvelle-Calédonie. Illustrations de Bénédicte Nemo. Nîmes: Grandir, 2010.
    Documentaire jeunesse sur la Nouvelle-Calédonie: culture, histoire, géographie, faune et flore, ressources, jeunesse et avenir.
  • Igname, esprit de mon ancêtre. Illustrations de Bénédicte Nemo. Nîmes: Grandir, 2012.
    Une journée d’un enfant lors de la cérémonie traditionnelle de la fête de l’igname à l’île des Pins en Nouvelle-Calédonie. En fin de volume, des fiches documentaires sur ce tubercule sacré et sur l’île des Pins et sa culture.
  • Le fils de l’Homme-oiseau. Illustrations de Bénédicte Nemo. Nîmes: Grandir, 2013.
    Une journée d’un enfant lors de la fête traditionnelle de Tapati, fête annuelle où l’on danse et chante l’histoire de Rapa Nui, vêtu de costumes et peintures corporelles traditionnelles. En fin de volume, des fiches documentaires concernant l’île de Pâques, son histoire sa culture.
  • Les tortues de la baie. Illustrations de Bénédicte Nemo. Paris: Cépages, 2015.
  • Petit Colibri. Illustrations de Bénédicte Nemo. Paris: Cépages, 2015.
  • Célia le koala. Illustrations de Bénédicte Nemo. Paris: Cépages, 2017.
  • Crac Crac Croc la marmotte. Illustrations de Bénédicte Nemo. Paris: Cépages, 2017.

Textes parus dans des ouvrages collectifs:

  • «  Au-dedans de mon être », « Je n’oublierai pas », « C’est un temps de visages multiples », « J’ai rencontré l’homme-oiseau » et « Il faut me croire ». Rythmes Pacifique. Nouméa: Éditions Du Poisson-Clown, 2001.
  • « Silhouettes » et « Je renvoie au temps des mémoires ». Poèmes de La Nouvelle, terre d’exil et de bagne. Nouméa: Éditions Les Amis de la Poésie/L’Herbier de feu, 2004: 108.
  • « La Dette », nouvelle. Sillages d’Océanie. Nouméa: Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, 2007: 59-65.
  • « Il suffirait », extrait de Bleue l’âme du jardin (roman inédit), et « La Parole, le Partage », réflexion. Sillages d’Océanie 2009. Nouméa: Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, 2009: 97-101, 154-155.
  • « D’une île à l’autre », « La solitude », « L’eau du désir » et « Les Vents ». Ce qu’île dit. Revue Bacchanales 46 (revue de la Maison de la poésie Rhône-Alpes, octobre 2010): 114-16.
  • « La Terre écoute », « Je renvoie au temps des mémoires » et « Regarder le pays ». Outremer-Trois océans en poésie. Paris: Bruno Doucey, 2011: 208-210.
  • Éclaire nos pas 1995-2010. Nouméa: l’Herbier de feu, 2011.
  • « Kyoto » et « Pavillon de bois ». Il y a toujours une guêpe pour piquer un visage en pleurs/ solidarité Japon. Nouméa: s.m., 2011: 40- 41.
  • « Le corps de l’enfance ». Enfances, Regards de poètes. Paris: Bruno Doucey,  2012: 164.
  • « Horizons ». Pas d’ici, pas d’ailleurs; Anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines. Montélimar: Voix d’encre, 2012: 25.
  • « Lettre à James Cook ». IntranQu’îllités 3 (2014).
  • « La peur des temps anciens » et « Tendre la main ». Klosap / Solidarité Vanuatu. Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie, 2015.
  • « Le pays de l’âdi poétique ». Littéramaohi, Ramées de littérature polynésienne (2016).
  • « La Dernière histoire du Vieux ». Littérama’ohi, Ramées de littérature polynésienne (2016).

Liens:

sur Île en île:

ailleurs sur le web:

  • Catherine Laurent, présentation de l’auteure sur le site de l’Association des Écrivains de la Nouvelle-Calédonie, avec des extraits et des nouvelles inédites.
  • icon_video Catherine Laurent, entretien vidéo de 13 minutes avec Lénaïk Bertho pour l’émission Les Matins sur OM5TV à l’occasion de la sortie de la pièce Les jours perdus (octobre 2014).
  • Les jours perdus, présentation de la pièce de Catherine Laurent sur le site de l’Harmattan.

Retour:

dossier Catherine Laurent préparé par Anne Bihan

http://ile-en-ile.org/laurent/

mis en ligne : 1 mai 2005 ; mis à jour : 2 avril 2017