Kiskeya, l’île mystérieuse – Michel Philippe Lerebours


Invité : Michel Philippe Lerebours, archéologue, historien d’art, directeur du Musée d’Art Haïtien.

  • 00:27 – Marie-Alice Théard : citation de Pascal, présentation de livres : Maurice Rheims, Pour L’amour de l’art ; André Malraux, Le Musée imaginaire ; François Dupeyron, Le Grand soir ; Karen Essex, Deux sœurs pour Léonard. Musique de Verdi : Messe de requiem (Von Karajan) et Rigoletto (Levine), les DVD Les Dossiers Da Vinci et le CD La Belle Époque Vol. 1 d’Issa El Saieh.
  • 9:54 – Dr. Michel Philippe Lerebours : formation à La Sorbonne, archéologue, historien d’art, directeur du Musée d’Art Haïtien. Sur le thème des « faux » dans l’art haïtien.
  • 10:52 – Mauvaise situation actuelle de l’art haïtien. Trop de copistes, de peintres souvent médiocres. Catastrophe annoncée. Bon copistes : Pinchinat, Price… quoique également très bons peintres.
  • 14:00 – Rareté de musées permettant une formation, une culture personnelle et de la technique (préparation de la toile, perspective, etc.). Autodidactes de fait. Les années 1940, elle tourne sur elle-même.
  • 15:06 – Bienfait des œuvres d’art générant plaisir exceptionnel aux acheteurs. Nécessité de l’apprentissage des peintres et d’un métier d’artiste, la connaissance des lois, acquisition respectant la libre créativité.
  • 19:22 – Courbe de l’Art haïtien : au XIXe siècle, avant l’invention de la photographie, il dépend de la clientèle (paysages, commandes de l’Église pour le culte). Courte chute, d’une dizaine d’années, peu après la fin de l’occupation américaine (après la naissance de la photo). Deuxième période : Hector Hyppolite est venu au bon moment, sinon cela aurait été trop tôt. Spontanéité tout en restant lié aux goûts des clients (touristes étrangers). Sur Internet, on trouve surtout de la peinture artisanale.
  • 23:55 – Ventes dans les carrefours, tableaux achetés à bas prix et revendus, le bénéfice réel n’est pas pour l’artiste. Espoir pour la jeunesse si elle est encadrée par des lois protégeant la peinture haïtienne, sinon le pays y perd.
  • 26:23 – Droits d’auteur non respectés. Nécessité que l’état légifère et les mette en place.
  • 27:20 – L’artisanat est de l’Art. Il faudrait des ventes aux enchères, la fixation de cotes des artistes, dont le Ministère de la Culture devrait s’occuper : l’établissement nécessaire de catalogue. Protection des artistes « du trottoir ».
  • 30:32 – Période difficile mais possédant un potentielle à développer : actuellement, c’est un assassinat des arts. Nécessité d’ateliers de formation. Besoin non seulement de l’ENARTS (École Nationale des Arts), mais d’au moins une école des arts par département. Besoin d’une volonté politique.
  • 34:40 – Période Indigéniste de l’art haïtien, renouveau vers 1930, après une perte d’identité du XIXe siècle et l’influence de l’occupation américaine. L’Indigénisme va plus loin, l’âme haïtienne évolue vers une recherche des traditions multiples africaines et de la paysannerie. Naissance contemporaine du roman paysan haïtien, dont La Case de Damballah de Pétion Savain, chef de l’école indigéniste. Les peintres vont travailler sur chevalet d’après nature les thèmes du monde paysan et des bas-fonds de Port-au-Prince. Le Centre d’Art n’existait pas encore.
  • 40:25 – Catastrophes récurrentes, dont la dernière entraina la destruction de milliers d’œuvres, notamment celles présentées au Palais National, dont des œuvres datant du régime colonial (dont quelques-unes sauvées par miracle). Activité artistique à Port-au-Prince : vente de tableaux dans la rue. Dans toutes les maisons, il y a des tableaux, même de modeste valeur.
  • 44:02 – Traditions : l’empereur Soulouque qui avait anobli des peintres ; le roi Christophe avait son école d’art. Expositions sur place et à l’étranger. En 1938, Savain primé en Californie ; Remponeau l’année suivante. Une tradition existante, quoique un peu moribonde quand, en 1944 Dewitt Peters avec Albert Mangonès et les autres patiemment créent le Centre d’Art Haïtien. Mangonès, Borno, Price y enseignent, plus de cent artistes exposent. Peters loin du milieu populaire accepte des peintres extérieurs et découvre la peinture « naïve ». La formation classique s’ouvre : Philomé Obin. Naissance d’un art nouveau. Exposition à La Havane en 1945.
  • 54:14 – Hommage à Dewitt Clinton Peters, et ce qu’il a fait pour l’art haïtien (avec le Centre d’Art Haïtien et au moment de créer le fonds du Musée d’Art Haïtien).
  • 57:02 – Appel à l’État haïtien.

Michel Philippe Lerebours

Michel Philippe Lerebours

Théard, Marie-Alice. Kiskeya, l’île mystérieuse. Canal Bleu (chaîne 38), Haïti (27 mars 2012), 58 minutes.
Entretien avec Michel Philippe Lerebours.
Mise en ligne sur YouTube le 18 mars 2014.
Notes de transcription : Ségolène Lavaud.

Les entretiens sélectionnés de l’émission KISKEYA, l’île mystérieuse sont généreusement offerts au public d’Île en île par Marie-Alice Théard.

© 2012 Marie-Alice Théard / Canal Bleu


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mis en ligne : 18 mars 2014 ; mis à jour : 30 avril 2017