Flora Aurima-Devatine, 5 Questions pour Île en île


Flora Aurima-Devatine répond aux 5 Questions pour Île en île.

Entretien de 51 minutes réalisé à Paris le 25 mars 2013 par Estelle Castro et Dominique Masson.

Notes de transcription (ci-dessous) : Ségolène Lavaud.

Dossier présentant l’auteure sur Île en île : Flora Aurima-Devatine.

début – Poème d’exhortation (en ma’ohi)
01:50 – Mes influences
10:14 – Mon enfance
21:59 – Mon quartier
25:14 – Mon oeuvre
41:51 – L’insularité

lectures :
45:43 – Au Pari
47:02 – Loin d’ici
47:56 – Et ressortent les racines
48:20 – Tergiversations et rêveries de l’écriture orale (extraits).


Poème d’exhortation

en ma’ohi (sous-titres en français)

Le battage du « tapa »
Te pata’uta’u a te vahine tutuha’a

Le chant rythmé des femmes batteuses d’écorce pour fabriquer du « tapa », de l’étoffe.

« – E te ti’ati’a e
A tihauhau e
E te pupahu e
A tihauhau e

– A tihau maita’i
I ta ‘oe pata’u e ‘amafatu
Ia tiveravera e

A tihau maita’i
I ta ‘oe pata’u e ‘amafatu
Ia tipaupau e. »

« – E aha te ‘ahu e tutu »

« – ‘Eiaha e tutu i te hiapo
‘Eiaha e tutu i te tite
E tutu ra e tutu e
E tutuha’a
E tutu i te (am)a’a ‘uru
I ‘atorehia na te taheavai
Ei ‘ahu pu’upu’u no te ari’i – hi
Ei ‘ahu pu’upu’u no te ari’i – ha. »

« – E aha te ‘ahu e tutu »

« – ‘Eiaha e tutu i te hiapo
‘Eiaha e tutu i te tite
E tutu ra e tutu e
E tutuha’a
E tutu i te (am)a’a ‘uru
I ‘atorehia na te taheavai
Ei ‘ahu pu’upu’u no te ari’i – hi
Ei ‘ahu pu’upu’u no te ari’i – ha. »

Ua rutu a pahu e

Ua rutu a pahu
Te ra’au ta’iri to’ere
A te vahine ‘aravihi
I te tutuha’a ra’a
I ni’a i te tutua e

Te tihauhau nei au e – hi
Te tihauhau nei au e – ha

Ua rutu a pahu e

Ua rutu a pahu
Te ra’au ta’iri to’ere
A te vahine ‘aravihi
I te tutuha’a ra’a
I ni’a i te tutua e

Te tamuretamure nei au e – hi
Te tamuretamure nei au e – ha

Mes influences

Elles sont de deux sources, traditionnelles et scolaires. La plus importante étant celle des récits des anciens, oralité, Victor Hugo, Erckman Chatrian, Hector Malo qui ont laissé quelques traces – notamment la relation de grand-père d’Hugo avec Léopoldine – substitut de grands-pères qu’elle n’avait pas connus. Le collège lui laisse peu de traces ; il n’y avait pas de bibliothèque, peu de livres, pas de lecture. Adolescence : les revues telles Marie-Claire, Match, Elle, Sélection, ce qui la complexait. En 2002, elle a entendu des auteurs antillais déclarer que leur culture de base venait des bandes dessinées telles Tintin, Picsou, etc. On se forme par tout ce qui fait mot et par l’oralité. Au lycée, on aborde les grands classiques – les poètes tels Du Bellay, Ronsard, Clément Marot – ce qui est une culture très lointaine, il fallait entrer dans un autre monde, anachronique. Ils n’auront pas connaissance de la culture des gens de leur époque.

Lycée en France à Montpellier où elle est pensionnaire. Son argent de poche passait, les mercredi et samedi, dans l’achat de livres, qu’elle lit éperdument – sans toujours bien comprendre, mais assoiffée. Dont de la philo en préparant le bac.

Elle a été particulièrement marquée par la littérature espagnole, d’abord par la liberté de sa poésie, ces auteurs qui parcouraient le pays et le racontaient en récits de voyages constituant les premières œuvres des contemporains.

L’influence des orateurs traditionnels est la base sur laquelle les autres strates de sa culture s’ajoutent.

La famille de son père est une famille d’orateurs. Dépositaires des savoirs du district, du clan des Teva. La tradition voulait qu’un membre de la famille compose des textes, racontant l’histoire, les noms des terres, les hommes du lieu, l’environnement, les évènements – tout ce qui est vivant. Tant le quotidien que leur passé. Leurs créations étaient de différents genres poétiques, les chants de la célébration de la terre chantés de manière traditionnelle en tarava par l’ensemble du district, maintenant appelé des communes. Cela fait partie de leur mémoire ainsi que les généalogies.

Mon enfance

Le premier lieu est celui où elle est née, où elle a grandi, où elle est enracinée. Le rituel symbolique veut que le cordon ombilical et le placenta soient enterrés, tradition polynésienne de l’attache à sa terre. Lieu qui remplit sa mémoire et où comme l’avait entrevu et déclaré sa mère sur son lit de mort, son esprit retourne fréquemment. La mer, les îlots, les récifs, la source, les ruisseaux, les vallées, les montagnes,… d’où l’infini de l’inspiration de son écriture.

Elle est allée à l’école assez tard, habitant au bout de l’île, au Fenua ‘Aihere où l’on se déplace uniquement par la mer en pirogue ; il n’y a pas de route. Lorsqu’il fut temps d’aller à l’école, avec sa sœur, elle devait aller en pension chez sa grand-mère ; mais cette dernière décédée, on ne pouvait pas les scolariser. L’heureuse intervention d’une tante paternelle qui, lorsque Flora était dans sa neuvième année l’a prise chez elle, dirigea son éducation. L’enfant, à part le temple, jamais n’avait été dans un lieu de rassemblement. Elle découvrit le port du chapeau, de l’uniforme, de la communauté. Pour l’entrée à l’école de Papara comme au collège de Papeete, sa mère fait son trousseau avec les économies épargnées sou à sou, et avec l’argent donné année après année par sa grand-mère, de son vivant, pour chacun des petits enfants.

Elle était totalement inconsciente de son apparence physique, et c’est 30 ans plus tard, retrouvant sa première enseignante de l’école primaire qui dans un discours public d’éloge a déclaré, « Je me souviens de cette grande tige… » qu’elle prend conscience de son aspect d’alors, longiligne et maigre ! Ceci dit au temps de sa scolarité, elle se sentait différente des autres, pas à sa place. Mais elle était dans le district de son père, dans la commune de son père, et le soir après les devoirs et avant le coucher sa tante leur parlait (à elle, à sa soeur et à sa cousine) de la famille, montrant des photos (accrochées aux murs de la grande pièce centrale de la maison), entretenant le lien et la généalogie familiale, enseignant les règles de bienséances à respecter. Cela lui permettra, lorsque viendra le temps de prendre la suite des orateurs de la famille, de savoir entretenir le flambeau, de ne pas commetre d’impair. Elle fera aussi le choix, en revenant de France, d’aller à la rencontre des anciens en 1968.

Cependant dans la société polynésienne l’évolution n’était pas encore de mise. Parler de culture polynésienne n’était pas encore dans l’air du temps.

Elle a donc commencé seule et libre.

Perte de sa grand-mère. Elle garde de sa grand-mère maternelle un souvenir de chaleur, de douceur, de bonté. C’est important parce que c’est l’expression même de l’amour. Elle a des attaches très fortes avec toute sa famille.

C’est Huarepo Vahine de Papara qui l’a initiée à la poésie traditionnelle. Il y a tout un cérémonial pour rencontrer les différents membres de la société, de la famille, une hiérarchie, « il faut être introduite ». Elle passera par son « oncle érudit, surnommé Mirabeau car il faisait de grands discours ». Il lui conseille de rencontrer Huarepo Vahine.

Cette rencontre avec Huarepo Vahine l’a beaucoup influencée. Elle a pris la suite pour composer les poèmes de Papara.

Mon quartier

Depuis 1968, à son retour en Polynésie, ils habitent à Fa’a’ā, ville du président actuel Oscar Temaru qui est également maire de la ville. C’est aussi la commune de la famille de son père. Son père est de Fa’a’ā et de Papara dont elle parle dans ses compositions. Ils habitent à Fa’a’ā sur une terre qu’ils ont achetée, proche des terres familiales des ancêtres paternels. Ses grands-parents étant orphelins, les terres furent indûment vendues aux enchères par un tuteur qui a liquidé tous les biens. « Je me sens du lieu, par mon nom, on me reconnaît », mais sur Fa’a’ā elle n’a pas écrit, d’autres l’ayant fait, elle n’entre pas en concurrence. Curieusement lorsqu’ils chantent l’histoire de ces lieux, ils ne chantent jamais celui-là parce que l’histoire est dans la famille de Flora. « Ça viendra peut-être un jour ? »

C’est un quartier de gens courageux, très populeux qui évolue. Il y a l’aéroport, donc en contact avec le monde moderne et qui développe des compétences pour se maintenir.

Mon œuvre

La grande question est de retrouver les fils conducteurs de tout ce qu’elle a écrit. Ce ne sont que des fragments, mais qui tournent autour des questions de la culture, de l’écriture ; le passage de l’oralité à l’écriture ; le rôle de la femme dans la transmission de la culture. Pour exprimer ces grands thèmes : appel à la terre, et au nom, ferment de base polynésien. Thèmes et vocabulaire de tous les auteurs sont récurrents. Son oeuvre n’est ni riche, ni variée, mais lui permet de se comprendre elle-même.

Elle écrit beaucoup de poèmes, de forme traditionnelle, en langue tahitienne, et en vers libres en français ; ce à quoi le lectorat n’est pas toujours sensible. Les gens recherchent des romans. Tradition : roman, théâtre, puis la poésie. En fait, c’est l’inverse : on commence par la poésie, avant d’arriver à l’écriture de romans et de philosophie.

Se référant, tant à l’Espagne qu’à la France, elle situe le début de l’apprentissage de la littérature au XIXe siècle.

Flora a voulu s’essayer au roman, « au bout de cent pages, […] il n’était question que de l’écrit, que des mots, […] en train d’écrire le roman du roman. […] J’ai arrêté ; je ne me sens pas à l’aise ». Elle a affronté la complexité du rapport conflictuel de l’auteur et de l’écriture du roman pendant plus de trois ans, mais déclare ne pas avoir dit son dernier mot.

Elle n’a actuellement publié que des livres de composition poétique. « Je ne suis pas Boileau ; je garde ma liberté, en navigant en pirogue entre la brousse et le village. »

La création ? « Deux domaines différents : la création poétique traditionnelle ; ce qui change, c’est le thème, l’expression, la création est la même, cependant, […] je trouve beaucoup plus riche ce que j’écris en tahitien, […] je peux mieux faire rythmer, résonner les mots ». Écrire en français est pour elle un défi violent, qu’elle affronte. Elle cherche en français à créer une langue fluide, libre ; langue qu’elle doit apprivoiser, qui pour elle est la langue de l’échec. En écrivant en français, elle gomme ses années d’échecs scolaires.

Elle se permet plus de libertés en français ; elle respecte le classicisme du traditionnel tahitien, bien qu’intégrant des choses nouvelles : la terre, les gens, et la contemporanéité, à l’instar des anciens.

À l’école, il était interdit de parler tahitien. L’écriture, c’est aussi pour sortir d’un certain enfermement, du silence et du mutisme. L’éducation faisait qu’on ne pouvait pas parler. Le droit à la parole est réservé à certains. « La parole se transmet ; on ne la prend pas, on vous la donne. Il y a un protocole réservé aux orateurs. » C’est le protocole que l’on voit aussi dans les discours officiels. Toujours actuel, les moments de parole sont choisis même pour le président.

Dans la famille on ne parlait pas français. À l’école, la première récitation apprise, elle n’en connaissait pas les mots, et cherchait à se raccrocher à des choses connues, sans aucun succès, les sonorités étant totalement différentes quant aux significations, en CE2.

En 6ème (et arrivant de son district de Papara), en cours de « Leçons de choses » devenues « Sciences de la vie », l’enseignante était du sud [de la France] et les phonèmes déformés par son accent créaient une confusion extrême, par exemple entre pois, poids, et pu’a (prononciation simplifiée de pua’a) – le dernier étant en tahitien un cochon ! En 5ème, un professeur de mathématiques assénait des pouan (pour « point » : en parlant d’« une ligne qui va du pou-an A au pou-an B »)… avec l’accent du Midi très marqué. De peur de faire des erreurs, elle avait donc choisi de se taire, contrairement à sa sœur, plus délurée, qui servait des discours complètement hermétiques aux Français.

Le Pari, où elle vivait, face à « une source pleine d’anguilles, de petits poissons, de chevrettes… » est au bout de l’île ; lieu à la fois peu fréquenté mais historique, mythique, où arrivèrent les premiers navigateurs, traversée obligatoire, vers la découverte, lieu de passage.

Aux rares touristes de hasard, sa sœur volubile, leur parlait dans un charabia incompréhensible.

Au lycée, ce fut le grand problème. Les problèmes d’expression revenaient dans les bulletins scolaires et cela jusqu’à l’université.

Propédeutique/Philo. Pour le bac, il n’y avait que le « par cœur » à partir du Castex & Surer.

Elle garde, à la tahitienne, en mémoire de nombreux textes tahitiens des anciens.

L’Insularité

La mer, l’horizon, l’ouverture, l’espace, la liberté. Elle n’a jamais eu le sentiment d’enfermement, mais en revanche le désir d’aller voir ailleurs.

Dans la mythologie, leurs îles sont des gros poissons migrants et stables pourtant, à l’image de la vie.

Dans une île, même s’il n’y a pas de montagne comme sur un continent, on est en relation avec la nature, avec qui on fait corps.

Cependant ce qui vient de l’extérieur peut changer la vie, telle la rencontre de nos ancêtres avec l’Occident.

Les côtiers ont mis en place leur façon de se défendre.

Lectures

Au Pari

Au « pari* », battu par les vagues,
Et baignant
Dans les embruns du large,
Les amours comme les rêves
Ont le goût salé
Des amours païennes.

Le vent qui y souffle
Et vous frappe à la face,
Vous ouvre le regard
Sur d’autres horizons :

Horizon sans limite
Du présent à venir,
Horizon sans retour
Du passé toujours présent.

Vers la pointe d’Atiti’i*,
Entre une mer libérée,
Et ensevelis, les « ti’i* »
Des « marae* »,
Plane encore des Anciens
Le « mana* »,
Et suscite en celui qui y flâne
Un sentiment d’effroi.

Respect atavique
Des mystères d’autrefois !

Et les « u’a* »
À grosses pinces violacées
Débordant
De leurs coquilles lépreuses
De « ma’oa* » d’autre temps,

Et les « u’a* »,
Nourriture idéale
Pour imagination d’enfant,

Dès la nuit sortent
Des « tamanu* » centenaires,
Des pierres effondrées
Du « marae* » de Ravea*.

Sont-ils quelques dieux
Hantant encore ces lieux ?

* Notes
Atiti’i : lieu-dit du « Pari »
mana : le pouvoir surnaturel
ma’oa : coquillage : turbot
marae : lieu de culte et de célébration de certaines fêtes chez les anciens polynésiens
Pari : côte sauvage et de la presqu’île entre Tautira et Teahupo’o
Ravea : nom d’un des « marae » au « Pari »
tamanu : arbre : callophyllum inophyllum
ti’i : pierre ou bois taillé représentant des dieux anciens
u’a : bernard-l’hermite

Loin d’ici

Loin d’ici, loin du temps,
À Atiti’i*, à Hihitera*,
Rôdent mes souvenirs,
Souvenirs sacrés
Que tous les titres
De noblesse
Ou de propriété
Ne pourront chasser.

Les vallées qui souvent
Deux par deux sont creusées
Retiennent des oiseaux de rêve
Et cachent mes rêves d’oiseau.

Des « ua’ao* » perchés sur les balises,
N’ayant pas encore appris
À se méfier de l’homme,
Les yeux mi-clos,
Me regardent passer.

Des « itata’e* », deux par deux,
Se poursuivent plein ciel,
Et glissent, glissent dans le vent,
Tous mes rêves d’enfant.

Vent du large,
Vent de la terre,
Vent de la piroguière
Solitaire.

* Notes
Hihitera : lieu-dit du « Pari »
itata’e : oiseau : sterne blanche

Et ressortent les racines

ET RESSORTENT
                    LES RACINES

                              DE L'ARBRE MURISSANT…
ET SOUFFLE
          LE VENT

                    QUI RETOURNE LA TERRE
                    RETOURNE MON BALANCIER…
ET FRAPPENT
          LE FLUX
                    CONTER LE « PARI » ;
          ET LE REFLUX,
                    CONTRE MA PIROGUE…

Tergiversations et rêveries de l’écriture orale

(extraits)
Écrire
On n'aime pas ça ! 
Parce qu'on n'aime pas ça !
Parce que ça fait peur, à la fin !
Parce que c'est comme ouvrir 
Une porte tabou dedans soi !
On préfère la parole
Qui raconte des légendes, 
De la vie et des gens !
Qui raconte des histoires,
Des histoires qui font peur, 
De « tupapa'u » et de « la dame blanche » !
Parce que pour :
                                                            Écrire,
Il faut être « as » !
Il faut être « popa'a » ! 
Français ! Pour savoir écrire ! …
De plus, ça n'a rien à voir… 
« Avec le ménage à faire… »
É-C-R-I-R-E
Six lettres qui n'hésitent pas à s'afficher
Avançant, seules, buste en avant
Traçant, frappant, martelant la route
Et emplissant l'air de leurs rythmes !
Écrire !
C'est notre vie !
C'est notre « job »
Spécialité ?
Condamnation ?
C'est notre liberté !
C'est quelque chose, dans nos cordes !
Allons enfants . . . !
Teie mai nei to mau tamari'i . . . !
Afa'i mai nei i te mau pehepehe
No to taua'ai'a . . . !
Te amo nei ho'i matou
I te hanahana o to tatou fenua . . . !
Intéressées, impatientes
De découvrir et de décrire
Vos paysages intérieurs !
Nous sommes prêtes à toutes vos frasques !
Nous acceptons tous les défis de votre imaginaire !
Et j'écris
… Et moi qui suis encore tissée... !
Que dis-je ? Étoffée à l'indigène !
Et, comme le « tapa », frappée de fibres d'oralité !
Qu'est-ce que je prétends ?
Écrire !
Me lignifier !
Et j'écris
En suivant le fil de l'écorce de mon bois, 
Recherchant le sens de ma fibre, et en même temps, 
Explicitant, justifiant,
Je ne sais pourquoi !
Et j'écris
Mais je doute de ce que j'écris,
Comme du bien-fondé de l'écriture ! 
……
« À quoi cela sert-il ?
Cela vaut-il la peine que je dise, que j'écrive ? »
……
Ai-je à me préoccuper du sens, 
Ou de la portée de ce que j'écris ?
Et j'écris comme je parle
Comme je parle comme je pense
Comme je pense comme ça vient
Et que ça s'écrit !

Textes de Flora Aurima-Devatine extraits de :

  • Vaitiare, Humeurs. Papeete: Polytram, 1980. « Au Pari », « Loin d’ici » et « Et ressortent les racines », pages 150-151, 147-148, 139-144.
  • Tergiversations et rêveries de l’écriture orale: Te Pahu a Hono’ura. Papeete: Au Vent des îles, 1998, pages 32-33, 61, 45-47.

Flora Aurima-Devatine

Flora Aurima-Devatine. 5 Questions pour Île en île.
Entretien, Paris (2013). 51 minutes. Île en île.
Mise en ligne sur Dailymotion et YouTube le 19 novembre 2014.
Entretien réalisé par Estelle Castro et Dominique Masson.
Son : Laurence Fosse.
Image et montage : Dominique Masson.
Notes de transcription : Ségolène Lavaud.
Textes © 1980, 1998 Flora Aurima-Devatine

© 2013 Flora Aurima-Devatine, Estelle Castro et Dominique Masson


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mis en ligne : 19 novembre 2014 ; mis à jour : 25 juin 2016