Frantz Fanon

Frantz Fanon, photo © Éditions du Seuil, D.R. Paris, vers 1952

photo © Éditions du Seuil, D.R.
Paris, vers 1952

Né le 20 juillet 1925* à Fort-de-France, Frantz Fanon, cinquième enfant dans une famille mulâtre de huit, reçoit son éducation secondaire au lycée Schoelcher où Aimé Césaire l’influencera. Fanon deviendra un penseur-phare du Tiers-mondialisme et de l’anti-colonialisme.

En 1943, Fanon rejoint les forces françaises libres à la Dominique. Luttant côte à côte avec les « tirailleurs sénégalais », il est décidé à libérer la mère-patrie du nazisme. À ses amis qui lui disent que cette guerre n’est pas la leur, Fanon répond : « Chaque fois que la dignité et la liberté de l’homme sont en question, nous sommes concernés, Blancs, Noirs ou Jaunes, et chaque fois qu’elles seront menacées en quelque lieu que ce soit, je m’engagerai sans retour ».** Son idéalisme prend alors une tournure marquante car la seconde guerre mondiale révèle au descendant d’esclaves que la France qui leur avait inculqué un sens du patriotisme tricolore, avait également instillé dans l’esprit martiniquais et guadeloupéen un complexe de supériorité par rapport aux Africains. La condescendance pour d’autres frères soldats d’Afrique, la différenciation sentie chaque jour entre troupes françaises et celles des colonies, la hiérarchie dans l’armée et les administrations mettent Fanon mal à l’aise. Ces années de guerre l’engageront sur la double piste d’une libération mentale et physique.

Fanon entame des études de médecine à Lyon, loin de Paris, parce que, plaisantait-il, « il y a trop de nègres à Paris » et qu’il voulait s’y « lactifier » (cité par Manville). La médecine – aussi bien que des cours de philosophie et de psychiatrie – lui permet de voir plus clair dans le processus complexe de la colonisation et dans la désubjectivation du colonisé. La médecine est une porte qui conduit Fanon vers la psychologie en milieu colonial, c’est-à-dire une branche de la psychologie qui prend en compte l’univers de la violence et l’aliénation du colonisé. Il se désespère, lorsqu’il pratique en Normandie (Pontarson), que la nosographie soit occidentale, inapte à servir de cure au malade social et/ou colonial et en Algérie, il s’indignera des pratiques carcérales moyenâgeuses. En Algérie, Fanon fera adapter de nouvelles structures, la sociothérapie (la guérison par des pratiques sociales) et l’ergothérapie (la guérison par la pratique de métiers) et introduira des données spécifiquement « postcoloniales ». Préoccupé par le racisme qu’il affronte dans la vie quotidienne, il publie Peau noire, masques blancs en 1952, sa thèse de doctorat en psychiatrie.

Peau noire, masques blancs dénonce d’emblée la citoyenneté de façade imposée par la politique assimilationniste, grandement intériorisée par la conscience antillaise. À travers l’opposition entre l’être et le paraître, Fanon opte pour le singulier de la couleur et le pluriel pour ses « masques ». De fait, confondus avec les Africains et les Africains Américains, les Antillais ont réagi par leurs attitudes et comportements mimétiques différents : du mimétisme le plus complet à la résistance à tout mimétism. Pour faire sauter l’invisibilité que leur fait vivre la France, les manières sont effectivement multiples. Elles varient d’un mimétisme total (Homi Bhabha, « not quite, not white ») à l’auto-dérision et l’auto-destruction par le déni de cette part de son identité « criante », visible alors même que les Blancs le traitent d’invisible (Ralph Ellison). Fanon est devancé par un nombre d’Africains Américains qui à leur tour annonçaient les chefs de file de la « Harlem Renaissance », tel Edward Blyden.

Responsable de l’hôpital psychiatrique à Blida de 1953 jusqu’à 1956, Fanon soigne de jour les blessés parmi les soldats français, de nuit plutôt les victimes de l’oppression coloniale. Il s’engage dans le politique car, comme il l’écrira dans sa lettre de démission, il y a un lien entre la psychose et l’aliénation colonialiste : « La folie est l’un des moyens de l’homme de perdre sa liberté. […] Si la psychiatrie est une technique médicale qui se propose de permettre à l’homme de ne plus être étranger à son environnement, je me dois d’affirmer que l’Arabe, aliéné permanent dans son pays, vit dans un état de dépersonnalisation absolue ».

Fanon importune parce qu’il voit plus large que son île : il dissèque les corrélations entre différentes sphères de la société coloniale ; sous l’angle sociologique, philosophique et psychanalytique, il aborde la question de la (dé)colonisation en connectant plusieurs ères. Rassemblant Algériens et Antillais – « nous portions la calotte et eux la chéchia » (Manville) – Fanon est allergique à tout autoritarisme. La lutte tenace et la guerre fort inégale entre colonisateurs et colonisés lui révèlent les divergences dans les expériences de colonisation et de colonies : car si les Antillais ont opté pour rester dans le giron de la France-mère, l’Algérie et d’autres nations colonisées par la France paieront un lourd tribut pour l’indépendance.

De jour, Fanon soigne les blessés français, les soldats effondrés par les brutalités commises ; de nuit, Fanon traite les victimes de l’oppression coloniale. Constatant la vanité d’un traitement intra muros si la société extra muros tout entière est malade, Fanon décide de ne plus exercer. Deux ans après le déclenchement de la guerre de libération, Fanon démissionne de son poste à Blida.

Il sera expulsé d’Algérie en 1957 par les autorités françaises et s’installera à Tunis, où il rejoint le Gouvernement provisoire de la République algérienne. Il devient membre de rédaction d’El Moudjahid, organe important du FLN (le Front de libération nationale) et en 1959, fait partie de la délégation algérienne au Congrès pan-africain d’Accra. En mars 1960, Fanon est nommé ambassadeur de l’Algérie au Ghana et assume un rôle diplomatique. Il publie L’An V de la révolution algérienne en 1959 et Les Damnés de la terre en 1961.

Mort à Washington le 6 décembre 1961 d’une leucémie aiguë, Fanon a été inhumé au cimetière de Chouhadas, toponyme qui signifie aussi « les martyrs de la guerre », près de la frontière tunisienne, à quelques mois de l’Indépendance.

Au carrefour de plusieurs disciplines, Frantz Fanon a été le meilleur pionnier et passeur d’études postcoloniales : n’est-ce pas lui qui inspire directement Homi Bhabha qui écrit une préface à la traduction de Peau noire, masques blancs ? N’est-ce pas lui encore qui est cité par Edward Saïd dans Orientalisme et Culture et Impérialisme ? Par son utilisation du concept de mimétisme, Fanon est au berceau des études postcoloniales.

Les traductions des essais de Fanon sont nombreuses. Dans sa deuxième traduction en anglais (2004), on présente Les Damnés de la terre comme livre essentiel sur la réorganisation sociale pour les dirigeants des nations naissantes, d’une importance majeure sur les revendications des droits civiques et pour les mouvements anti-colonialistes et des consciences noires à travers le monde. D’une actualité brûlante, l’œuvre fanonienne continue de lancer des étincelles de révolte justifiée et de lutte acharnée contre toutes les inégalités.

– Kathleen Gyssels

* Il y a des biographies qui donnent sa date de naissance le 6 février, le 20 juillet et le 25 juillet 1925.

** Cité par Marcel Manville (« Témoignage d’un ami et d’un compagnon de lutte ») dans l’ouvrage collectif, L’Actualité de Frantz Fanon (voir la bibliographie ci-dessous). Voir aussi Frantz Fanon (1925-1961), texte basé sur un chapitre de Petits moments de la psychiatrie en France (2005) de Patrick Clervoy et Maurice Corcos (LDH-Toulon).


Oeuvres principales:

Essais:

  • Peau noire, masques blancs. Paris: Seuil, 1952; 1995.
  • L’An V de la révolution algérienne. Paris: François Maspero, 1959. (Réédité chez Maspero en 1968 sous le titre « Sociologie d’une révolution ».) En version facsimilé: Paris: La Découverte, 2001.
  • Les Damnés de la terre. (préface de Jean-Paul Sartre) Paris: François Maspero, 1961; Paris: Présence Africaine, 1963; Paris: Gallimard, 1991; Paris: La Découverte, 2002.
  • Pour la révolution africaine; écrits politiques. Paris: François Maspero, 1964; Paris: La Découverte, 2006.

Essais scientifiques:

  • « Sur essai de réadaptation chez un malade avec épilepsie morphiques et troubles de caractère graves » (avec François Tosquelles). Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue française, Pau (20-26 juillet 1953): 363-68.
  • « Sur quelques cas traités par la méthode de Bini » et « Indication de la thérapeutique de Bini dans le cadre des thérapeutiques institutionnelles » (avec François Tosquelles). Congrès des médecins aliénistes et neurologistes, Paris (20-26 juillet 1953): 539-544 et 545-552.
  • « Notes sur les techniques des cures de sommeil avec conditionnement et contrôle électro- encéphalographique » (avec M. Despinoy et W. Zenner). Congrès des médecins aliénistes et neurologistes, Paris (20-26 juillet 1953):
  • « La socialthérapie dans un service d’hommes musulmans » (avec Jacques Azoulay). L’information psychiatrique (1954).
  • « Aspects actuels de l’assistance mentale en Algérie » (avec J. Dequeker, R. Lacaton, M. Micucci et R. Ramée). L’information psychiatrique (1955).
  • « Conduites d’aveu en Afrique du Nord » (avec R. Lacaton). La Tunisie médicale (1955): 657-60.
  • « Réflexions sur l’ethnopsychiatrie ». Conscience maghrébine 3 (1955): 1-2.
  • « Le T.A.T. chez les femmes musulmanes: Sociologie de la perception et de l’imagination » (avec C. Géromini). Congrès des médecins aliénistes et neuroloques de France et des pays de langue française, Bordeaux (30 août-4 septembre 1956): 364-8.
  • « L’attitude du musulman magrébin devant la folie » (avec François Sanchez). Revue pratique et sociologie de la vie sociale et d’hygiène mentale 1 (1956): 24-27.
  • « Le phénomène de l’agitation en milieu psychiatrique: Considérations générales – signification psychopathologiques » (avec S. Asselah). Maroc médical (janvier 1957).
  • « À propos d’un cas de spasme de torsion » (avec L. Levy). La Tunisie médicale 36.9 (1958).
  • « L’Hospitalisation de jour en psychiatrie: Valeurs et limites » (avec C. Geronimi). La Tunisie Médicale 38.10 (1959): 713-32.
  • Frantz Fanon, recueil de textes introduit par Mireille Fanon-Mendès-France. Genève: CETIM, 2014.
    « Mésaventure de la conscience nationale » (extraits du chapitre 3 des Damnés de la terre) ; « Racisme et culture » (publié en 1956 dans Présence Africaine) et « L’Algérie face aux tortionnaires » (publié en 1957 dans El Moudjahid).
  • Écrits sur l’aliénation et la liberté by Frantz Fanon; textes réunis, introduits et présentés par Jean Khalfa et Robert Young. Paris: La Découverte, 2015.

Articles:

  • « L’Expérience vécu du noir ». Esprit 179 (mai 1951): 657-679.
  • « Le syndrome nord-africain ». Esprit 187 (février 1952): 237-284.
  • « Antillais et Africains ». Esprit 223 (février 1955): 261-299.
  • « Racisme et culture ». Présence Africaine 8-9-10 (juin-novembre 1956): 122-131.
  • « Fondement réciproque de la culture nationale et des luttes de libération ». Présence Africaine 24-25 (février-mai 1959): 82-89.

Sur l’oeuvre de Frantz Fanon:

ouvrages collectifs:

  • L’Information psychiatrique 10 (décembre 1975), numéro consacré à Frantz Fanon.
  • International Tribute to Frantz Fanon (Record of the Special meeting of the United Nations Special Committee against Apartheid, 3 November 1978). New York: United Nations Centre against Apartheid, 1979.
  • Mémorial international Frantz Fanon (interventions et communications prononcées à l’occasion du Mémorial International Frantz Fanon organisé par le Comité Frantz Fanon de Fort-de-France du 31 mars-3 avril 1982). Paris: Présence Africaine, 1984.
  • Dacy, Elo, éd. L’Actualité de Frantz Fanon: Actes du Colloque de Brazzaville, 12-16 décembre 1984. Paris: Karthala, 1986. Avec des articles de Joseph Asselam, Yves Benot, Dominique Bounsasa, Elo Dacy, Herniette Didillon, Emmanuel B. Dongala, Michel Fabre, Jacques Fredj, Richard Gérard Gambou, Michel Giraud, Robert Jouanny, Edmond Jouve, Ambroise Kom, Abel Kouvouama, Marcel Manville, Clément Mbom, Bikindu Milandu, Josué Ndamba, M.a M. Ngal, Henri Ossebi, A. Quéfellec, Jean Marie Soungoua et des allocutions de Daniel Abibi, Adrien Huannou et Sylvain Makosso-Makosso.
  • Les Temps modernes. 635-636 (novembre-décembre 2005/janvier 2006): « Pour Frantz Fanon ». 130 pages d’articles et de témoignages, dont de Jean Améry, James A. Arnold, Bryan Cheyette, Azzedine Haddour, Jean Khalfa, Claude Lanzmann et Robert J.C. Young.
  • Frantz Fanon par les textes de l’époque. Introduction: Mireille Fanon-Mendès-France. Préface: Achille Mbembe. Postface: Patrick Farbiaz. Paris: Les Petits Matins, 2012. Textes de : Aimé Césaire, Mireille Fanon-Mendès-France, François Tosquelles.
  • Sur Fanon, sous la direction de Bernard Magnier. Montréal: Mémoire d’encrier, 2016. Avec des essais de : Kaouther Adimi, Mohammed Aïssaoui, Alfred Alexandre, Jacques Allaire, Kebir Ammi, Tahar Bekri, Yahia Belaskri, Souâd Belhaddad, Lamia Berrada-Berca, Patrick Chamoiseau, Gerty Dambury, Jean Durosier Desrivières, Bios Diallo, Soeuf Elbadawi, Nathalie Etoké, Romuald Fonkoua, Gyps, Salim Hatubou, Mustapha Kharmoudi, Dominique Lanni, Danièle Maoudj, Valérie Marin La Meslée, Bernard Magnier, Daniel Maximin, Arezki Metref, Fiston Mwanza Mujila, Makenzy Orcel, Khaled Osman, Raharimanana, Rodney Saint-Éloi, Sunjata et Véronique Tadjo.
  • Frantz Fanon, Figure emblématique du XXe siècle à l’épreuve du temps, sous la direction de Maurice Amuri Mpala-Lutebele et Antoine Tshitungu Kongolo. Paris: L’Harmattan, 2016. Avec des essais de : Christiane Chaulet Achour, Nancy Ali, Willy Maloba Kal’A Binene, Seloua Luste Boulbina, Hirofumi Ibaragi, Jean Khalfa, Antoine Tshitunugu Kongolo, Léon-Michel Ilunga Kongolo, Diane Lufunda Matedi, Maurice Amuri Mpala-Lutebele, Muepu Muamba, Déogratias Ilunga Yolola Talwa et Hanétha Vété-Congolo.

essais, études:

  • Alessandrini, Anthony C., éd. Frantz Fanon: Critical Perspectives. New York: Routledge, 1999.
  • Boukman, Daniel. Frantz Fanon: Traces d’une vie exemplaire. Paris: L’Harmattan, 2016.
  • Bouvier, Pierre. Fanon. Paris: Éditions universitaires, 1971.
  • Bouvier, Pierre. Aimé Césaire, Frantz Fanon, portraits de décolonisés. Paris: Belles Lettres, 2010.
  • Bulhan, Hussein Abdilahi. Frantz Fanon and the Psychology of Oppression. New York: Plenum, 1985.
  • Caute, David. Frantz Fanon. New York: Viking, 1970.
  • Chaulet-Achour, Christiane. Frantz Fanon, l’importun. Montpellier: Chèvre-feuille étoilée, 2004.
  • Chaulet-Achour, Christiane. Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, étude critique. Paris: Honoré Champion, 2013.
  • Cherki, Alice. Frantz Fanon: portrait. Paris: Seuil, 2000.
  • Confiant, Raphaël. L’insurrection de l’âme. Frantz Fanon, vie et mort du guerrier-silex. Lamentin: Caraïbéditions, 2017.
  • Ehlen, Patrick. Frantz Fanon: a Spritual Biography. New York: Crossroad Publishing, 2000.
  • Fanon, Joby. Frantz Fanon: de la Martinique à l’Algérie et à l’Afrique. Paris: L’Harmattan, 2004.
  • Fontenot, Chester J. Frantz Fanon: Languages as the God Gone Astray in the Flesh. Lincoln: U. of Nebraska, 1979.
  • Geismar, Peter. Fanon. New York: Dial Press, 1971.
  • Gendzier, Irene L. Frantz Fanon: A Critical Study. New York: Grove Press, 1973, 1985.
  • Gibson, Nigel C. Rethinking Fanon: The Continuing Dialogue. Amherst: Humanity Books, 1999.
  • Gibson, Nigel C. Fanon: the Postcolonial Iimagination. Cambridge, U.K.: Polity Press/Blackwell Publishers, 2003.
  • Gordon, Lewis R. Fanon and the Crisis of European Man: An Essay on Philosophy and the Human Sciences. New York: Routledge, 1995.
  • Gordon, Lewis R., T. Denean Sharpley-Whiting, and Renée T. White, eds. et trans. Fanon: a Critical Reader. Oxford / Cambridge: Blackwell, 1996.
  • Hansen, Emmanuel. Frantz Fanon: Social and Political Thought. Columbus: Ohio State U. Press, 1977.
  • Jinadu, Adele. Fanon: In Search of the African Revolution. London/New York: KPI, 1980, 1986.
  • Lucas, Philippe. Sociologie de Frantz Fanon: contribution à une anthropologie de la libération. Alger: SNED, 1971.
  • Lucrèce, André. Frantz Fanon et les Antilles; L’empreinte d’une pensée. Fort-de-France: K Éditions, 2011.
  • Macey, David. Frantz Fanon: A Biography. London: Granta, 2000; NY: Picador, 2001.
  • Makward, Christiane. Mayotte Capécia ou l’aliénation selon Fanon. Paris: Karthala, 1999.
  • Mbom, Clément. Frantz Fanon aujourd’hui et demain: réflexions sur le tiers monde. Paris: Nathan, 1985.
  • McCulloch, Jock William. Black Soul White Artifact: Fanon’s Clinical Psychology and Social Theory. Cambridge and New York: Cambridge University Press, 1983.
  • Nordquist, Joan. Frantz Fanon: A Bibliography. Santa Cruz: Reference and Research Services, 2002.
  • Onwuanibe, Richard C. A Critique of Revolutionary Humanism: Frantz Fanon. Saint Louis, Missouri: W.H. Green, 1983.
  • Perinbam, B. Marie. Holy Violence: The Revolutionary Throught of Frantz Fanon: an Intellectual Biography. Washington, D.C.: Three Continents, 1982.
  • Philippe, Pierre-Charles. Frantz Fanon, l’héritage. Fort-de-France: K Éditions, 2011.
  • Read, Alan, éd. The Fact of Blackness; Frantz Fanon and Visual Representation. London: Institute of Contemporary Arts; Seattle: Bay Press, 1996.
  • Renault, Matthieu. Frantz Fanon : De l’anticolonialisme à la critique postcoloniale. Paris: Éditions Amsterdam, 2011.
  • Said, Edward W. Culture and Imperialism. New York: Knopf, 1993.
  • Sekyi-Otu, Ato. Fanon’s Dialectic of Experience. Cambridge, MA: Harvard University Press, 1996.
  • Sharpley-Whiting, T. Denean. Frantz Fanon; Conflicts and Feminisms. Lanham, Maryland: Rowman & Littlefield, 1998.
  • Siebert, Renate. Frantz Fanon: Colonialism and Alienation; Concerning Frantz Fanon’s Political Theory. Willfried F. Feuser, trad. New York: Monthly Review Press, 1974.
  • Silverman, Maxim, éd. Frantz Fanon’s Black Skin, White Masks: New Interdisciplary Essays. Manchester: Manchester University Press, 2005.
  • Wideman, John Edgar. Fanon, a novel. New York: Houghton Mifflin, 2008.

articles sélectionnés:

  • Ahluwalja, Pal. « Fanon’s Nausea: the Hegemony of the White Nation. » Social Identities 9.3 (Sept 2003): 341-357.
  • Arnold, James A. « Frantz Fanon, Lafcadio Hearn et la supercherie de ‘Mayotte Capécia' ». Revue de littérature comparée 2 (2002): 148-166.
  • Case, Frederick Ivor. « Aimé Césaire et Frantz Fanon: théoriciens de la littérature révolutionnaire ». The French Language in the Americas 17 (1973): 21-27.
  • Christian, L. « Fanon and the Trauma of the Cultural Message ». Textual Practice 19.3 (September 2005): 219-241.
  • Daniels, Anthony. « Frantz Fanon: The Platonic Form of Human Resentment ». New Criterion 19.9 (May 2001): 15-20.
  • Doray, Bernard. « À propos de l’actualité Frantz Fanon ». Problématiques psychiatriques 21.2 (2005): 125-136.
  • Gates, Henry Louis, Jr. « Critical Fanonism ». Critical Inquiry 17.3 (1991): 457-470.
  • Gibson, Nigel C. « Beyond Manicheanism: Dialectics in the Thought of Frantz Fanon ». Journal of Political Ideologies 4.3 (October 1999): 337-365.
  • Gordon, Lewis R. « Fanon and Development: A Philosophical Look ». Africa Development 29.1 (2004): 71-93.
  • Hurley, E. Anthony. « Power, Purpose, the Presumptuousness of Postcoloniality, and Frantz Fanon’s Peau noire, masques blancs« . Postcolonial Theory and Francophone Literary Studies.  H. Adlai Murdoch et Anne Donadey, éds. Gainesville: U. Press of Florida, 2005: 21-36.
  • Kleinberg, Ethan. « Kojève and Fanon: The Desire for Recognition and the Fact of Blackness ». French Civilization and its Discontents: Nationalism, Colonialism, Race. Tyler Stovall and Georges Van Den Abbeele, éds. Lanham, Maryland: Lexington Books, 2003: 115-128.
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  • Osei-Nyame Jr., Kwadwo. « Frantz Fanon: A Life ». Research in African Literatures 35.2 (Summer 2004): 200-203.
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  • Yelles, Mourad. « Frantz Fanon et la création poétique ». Portulan 3 (octobre 2000): 235-250.
  • Youssef, Hanafy A. et Salah A. Fadl. « Frantz Fanon and Political Psychiatry ». History of Psychiatry 7.28 (1996): 525-532.

filmographie (documentaires):

  • Frantz Fanon, Black Skin, White Mask. Isaac Julien, réalisateur. 1996 (in English), 52 min.
  • Frantz Fanon, une vie, un combat, une oeuvre. (Frantz Fanon: His Life, His Struggle, His Work). Cheikh Djemai, réalisateur. 2001 (en français), 52 min

Traductions:

In English:

  • The Wretched of the Earth. Preface by Jean-Paul Sartre. Constance Farrington, trans. New York: Grove, 1963; The Wretched of the Earth. (Introductions by Jean-Paul Sartre and Homi K. Bhabha [« Remembering Fanon »]). Richard Philcox, trans. New York: Grove, 2004.
  • A Dying Colonialism. (Studies in a Dying Colonialism, Monthly Review Press, 1965.)  Haakon Chevalier, trans. New York: Grove, 1967, 1991.
  • Black Skin, White Masks. Charles Lam Markmann, trans. New York, Grove, 1967; Black Skin, White Masks. Richard Philcox, trans. New York, Grove, 2007.
  • Toward the African Revolution: Political Essays. Haakon Chevalier, trans. New York: Grove (1967), 1988.

En español:

  • Los condeñados de la tierra. Julieta Campos, trad. Mexico: Fondo de cultura economica, 1963, 1972, 1977.
  • Por la revolución africana: escritos políticos. Demetrio Aguilera Malta, trad. México: Fondo de Cultura Económica, 1965.
  • Sociología de una revolución. Víctor Flores Olea, trad. México: Era, 1968.
  • Piel negra, máscaras blancas. G. Charquero y Anita Larrea, trads. La Habana: Instituto del Libro, 1968; Buenos Aires: Shapire, 1974.
  • « Antillanos y Africanos ». Reinaldo García Ramos, trad. Casa de las Américas 36-37 (mayo-agosto 1966): 169-174; Antillanos y Africanos. México: UNAM; Coordinación de Humanidades, 1978.

Liens:

ailleurs sur le web:


Retour:

Dossier Frantz Fanon préparé par Kathleen Gyssels et Thomas C. Spear.

Une première version du dossier sur Frantz Fanon est en ligne sur Île en île depuis la naissance du site en 1998. Répertoriée par les moteurs de recherche et reproduite sans autorisation, la page n’est officiellement mise en ligne qu’en avril 2007, avec la photo autorisée par les Éditions du Seuil, le texte de présentation par K. Gyssels et notre bibliographie.

http://ile-en-ile.org/fanon/

mis en ligne : 16 avril 2007 ; mis à jour : 21 avril 2017