Max Élisée

Max Élisée, photo © Thomas C. Spear Salon du Livre de Paris, 20 mars 2004

photo © Thomas C. Spear
Salon du Livre de Paris, 20 mars 2004

Max Élisée est né le 26 avril 1947 à Macouba en Martinique. Très tôt, sa sensibilité l’amène à s’intéresser à la littérature et aux moyens d’expression artistique.

Arrivé en France en 1960 afin de poursuivre ses études, il entreprend en 1963 des cours d’Art Dramatique au sein du « cours Prévot », au grand dam de ses parents qui auraient plutôt souhaité le voir intégrer le service public.

Ayant charge de famille et amateur de maisons anciennes, il devient entrepreneur en bâtiment, spécialisé en restauration, tout en ayant un œil sur le monde artistique.

C’est ainsi qu’il devient assistant réalisateur sur le film Borsalino et par la suite, scénariste.

Il signera bon nombre de scénarios pour des maisons de productions diverses, créera sa propre maison de production, sera acteur sur des moyens et longs métrages, mettra en scène des pièces de théâtre.

Reconnu comme scénariste, il aura l’occasion de rencontrer Claude Chabrol, qui, intéressé par l’un de ses scénarios (« Chabin, mon frère »), devait en effectuer la mise en scène. Ce projet n’ayant pu aboutir pour des raisons financières, le scénario est devenu le premier roman de Max Elisée, Mémoires d’un Chabin, publié en 2000, puis face au succès, réédité en 2002.

L’action de Mémoires d’un Chabin se déroule en 1935 à la Martinique : la famille Edgar compte un garçon pas comme les autres, Frédéric, né chabin, c’est-à-dire blanc de peau, bien qu’issu de parents noirs. Cette anomalie en fait le vilain petit canard de la petite communauté de Macouba. Maladroit avec les filles, malmené par un père autoritaire et un frère rebelle qu’il admire en secret, Frédéric trouve refuge auprès de la littérature et des rêves – habités, visionnaires. La condition de chabin est en effet pleine de superstitions dont Frédéric fait bientôt l’expérience douloureuse mais libératrice, cathartique. Un esprit visite ses rêves et le ramène en Afrique, où ses ancêtres ont connu la traite des esclaves, et où la malédiction s’est abattue sur la famille Edgard. Alors que les rapports de force s’exacerbent en Martinique entre les blancs et les noirs, compliqués par des mariages mixtes et de vieilles rancunes, Frédéric accomplit son étrange destin. De la Dominique à Saint-Louis du Sénégal, le protagoniste de ce premier roman d’Élisée cherche à s’affranchir de son passé.

Roman initiatique créole, ces Mémoires d’un Chabin soufflent les Azilés, tantôt favorables, tantôt contraires, de l’acceptation d’une différence. Leur langue richement chamarrée, entre Faulkner et Chamoiseau, constitue une invitation au voyage sur les pas mélancoliques du Chabin.

L’écriture étant le moyen d’expression préféré de Max Élisée, il sortira trois ans plus tard Un jour, je te dirai…, dont l’action se déroule dans les Cévennes. Parviendra-t-on cette fois à élucider le mystère de la disparition d’Isabelle Duranton et de son père ? C’est la question que se pose Roger, expert en assurances, envoyé par sa compagnie pour enquêter avant la remise d’une grosse prime d’assurance-vie à Hélène, la veuve et mère des disparus. Quatre années se sont écoulées depuis cette disparition qui a bouleversé la région du Gard. Pourtant tous les efforts des gendarmes et policiers avaient été mis en œuvre. Roger, antillais d’origine, découvrant la ville d’Alès, ses habitudes, ses notables et ses mœurs, ira de surprise en surprise. Il découvrira que tous les protagonistes liés de près ou de loin à l’affaire se révèleront tour à tour machiavéliques, faux, sensibles, désespérés, déterminés jusqu’à la découverte de la vérité qu’il faudra, un jour, dire…

Max Elisée a su donner dans ce roman policier – grâce à son style très riche, découvert dans son premier roman Mémoires d’un Chabin – de la profondeur aux personnages et de la force à l’intrigue où la recherche de la vérité est plus nécessaire que jamais.

L’auteur quitte Paris en 2002 pour s’installer dans le Vaucluse, dont le cadre lui fournit également l’inspiration de son troisième roman en cours d’écriture : Le Kishkanu noir. Il s’agit d’un roman initiatique dont l’action se déroule entre les sapinières du Mont-Ventoux (Vaucluse) et les palétuviers de la Montagne Pelée (Martinique), où ésotérisme et paranormal s’affrontent avec ardeur.

Mas Élisée partage son temps entre deux activités qui lui tiennent à cœur : la restauration de maisons anciennes et l’écriture.


Oeuvres principales:

Romans:

  • Mémoires d’un Chabin.  Le Blanc Mesnil (France): Éditions Olbia, Groupe VILO, 1998; réédition 2000.
  • Un jour, je te dirai… Piolenc: Delma Éditions, 2003.
  • Le Kishkanu Noir, ou le songe du Flamboyant.Piolenc: Delma Éditions, 2007.

Réalisations et mises en scène:

  • Assistant à la réalisation, Borsalino, réalisé par Jacques Deray (avec Jean-Paul Belmondo, Alain Delon), 126 min., 1969.
  • Assistant sur les « Films de la Pléiade » auprès du réalisateur Jean Aurel, 1971.
  • Mise en scène de la pièce de théâtre Le dernier quartier de pomme, de Jean-Pierre Vaguer à Montpellier, 1982.

Coproducteur:

  • Coassocié à Ody Ross dans 44, ou les Récits de la nuit, réalisé par Moumen Smihi (avec Marie-France Pisier, Christine Pascale et Pierre Clémenti; 100 min., Films Ody, 1981) et dans Pieds nus dans les étoiles, réalisé par Ody Ross, 1989.
  • Coassocié à Ody Ross pour des courts métrages (dont La prochaine fois, peut-être) et pour des films de commandes de la télévision, 1979-1982.
  • Coassocié à Didier Couëdic (Gedima Films Productions) pour des films de commandes de GIAT Industrie. Scénariste sur cinq films, 1983-1984.

Scénariste:

  • Chabin, mon frère, accord de Claude Chabrol pour la mise en scène, 1982.
  • Scénarios de longs métrages, vendus aux sociétés de productions telles que : Casino Cinéma Production (1984), Michel Rousseau Productions (1985), Gédima Films Productions (1985).

Acteur:

  • Acteur sur films dont Je vous ferai aimer la vie de Serge Korber (avec Marie Dubois et Julien Guillomar; 100 min., 1978), et Mon curé chez les nudistes de Robert Thomas (avec Paul Prébois, Jean-Marc Thibaut, Philippe Nicot, Georges Descrière, 1982).
  • Le Zéro, réalisé par Georges Sebag (avec Jango Edwards, Philippe Khorsang et Daniel Prévost), 2001.
  • Nuit noire, réalisé par Daniel Colas (avec Michel Galabru, Anouk Grimberg, Daniel Russo et Didier Besace), 2002.

Liens:

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mis en ligne : 14 novembre 2004 ; mis à jour : 31 janvier 2016