Claude C. Pierre (1941-2017) – hommages

Claude C. Pierre

photo © Thomas C. Spear
Port-au-Prince, le 12 janvier 2010.

(page en cours de rédaction, mises à jour prévues avec d’autres témoignages)

Claude C. Pierre (1941-2017) – hommages à l’auteur dans la presse

(par ordre de parution)

Claude Pierre, Emmelie Prophète, Frankétienne

Claude Pierre (à gauche) avec Emmelie Prophète et Frankétienne à la Bibliothèque Nationale d’Haïti en juin 2016.


De Corail à Jérémie et de Port-au-Prince à Ottawa

(Pour Claude Pierre, cet hommage à sa poésie et à notre belle amitié)

Quel fut le poids des sentiments dans ce voyage inventé
Au fil de ton existence
Dans cette trajectoire d’une vie de rêves
Toi qui as planté le grand arbre de l’amitié au centre de l’exil
Qui as semé des vocables de joie en faisant tourner ta toupie
Et en invitant le héros Péralte à une partie de Coucou rouge
Quel fut le poids de tes dialogues plein de saveur ?
Toi qui as versé tant de larmes sur des Débris d’épopée
Le savais-tu que des fleurs se sont épanouies sur les pierres d’un désert
Des fontaines ont chanté au milieu des temples du temps
Toi qui serrais ma main gauche sur les terrains de Foot de Jérémie
Bobisson tu m’appelais Bobisson !
Ce que tu as versé de souffle pour le Prix littéraire de l’Outaouais
À haute voix et à genoux
C’était avant Le coup de l’étrier qui te fit pénétrer à l’Alliance française
En 1984 au plus profond de la solitude du silence
Tu n’étais plus ce jeune Grand-Anselais toi qui fabriquais des petits voiliers de papier
Celui qui autrefois au cœur de l’enfance et fort-souvent toi qui
Plaçais sur les flots ces petits bateaux qui cousaient et
Décousaient l’horizon
Les cales remplies de sourires
Les mâts chatouillant les brises
Que de files d’images lunaires là-haut
Vues du wharf de volailles de Port-au-Prince
Les mêmes lignes de reflets d’aubes au ciel glacé d’Ottawa
La même lune pleine d’espoirs
Tu la contemplais
Cette beauté ficelée au centre de l’univers de ta poésie
Ah ! Ta poésie
Oh source d’ambivalences charriant les contrastes de l’ici et de l’ailleurs
Source de mirages où le je a le loisir de jouer avec l’autre
Source où les nuits noircissent les journées
Oh ! Source d’ambivalences
Oh ! Beauté d’un lyrisme jouant avec la langue de ton peuple
Et le temps était venu où tu avais fait appel à ton chevet au clair du ciel
Les jeunes amoureuses desquelles se moquait la Jocelyne de tes tendresses
Ces amours aujourd’hui vêtues de pleurs
Faufilées de deuil
Ainsi s’en furent les lignes de ton cœur vers des algues d’eau douce
L’ancre de tes espoirs jetée au port salé de Pestel
Et un souffle de ton âme caressant les mâts du
Plus beau de tes petits-bateaux
Jamais ne s’effacera l’encre de ta poésie sur les papiers de l’air
Toi, tu le disais mieux que moi mon cher ami
Une certitude brodée sur ta pensée tu le disais en souriant
« Le poète meurt mais sa poésie demeure !»

« Pour des siècles à venir Bobisson !»
« Pour des siècles à venir !»

Josaphat-Robert Large
New-York, juin 2017


Claude Pierre, Thomas Spear, Joëlle Vitiello et Josaphat-Robert Large

Claude C. Pierre, Thomas C. Spear, Joëlle Vitiello et Josaphat-Robert Large chez les Pierre à Port-au-Prince le 6 juin 2004.

Claude C. Pierre sur Île en île:


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mis en ligne : 11 juillet 2017 ; mis à jour : 23 septembre 2017