Anne Bihan

Anne Bihan, photo © Denis Gallic Nouméa, mai 2005

photo © Denis Gallic
Nouméa, mai 2005

Anne Bihan naît à Le Pellerin, en Bretagne (France), le 15 juin 1955. Elle passe son enfance entre son village natal, situé juste en amont de l’estuaire de la Loire, et l’Atlantique dont dès ses plus jeunes années elle arpente les îles. Celles du golfe du Morbihan, particulièrement l’île d’Arz à laquelle sa famille est étroitement liée. Puis les îles du large : Hoëdic, Houat, et plus tard Bréhat.

En 1965, le travail de son père pousse la famille vers l’aval, à Saint-Nazaire où le fleuve se jette dans l’océan. C’est dans cette ville portuaire et ouvrière qu’elle passe son adolescence. L’empreinte est puissante. Ses études de Lettres la conduisent à Nantes, ses études de journalisme à Bordeaux, ses premiers postes dans la presse vers d’autres horizons, mais c’est à Saint-Nazaire qu’elle revient en 1980.

Les années nazairiennes sont denses : pratique du théâtre en amateur, écriture de plusieurs spectacles, d’un court roman, Miroirs d’îles, de poèmes, mais également d’articles au quotidien sur l’actualité sociale, éducative, littéraire et culturelle d’une cité tenue pour peu séduisante, mais que ses hommes et son histoire portent vers le large et l’innovation.

Marquées par de nombreuses escales, dont l’une de presque une année à Douarnenez (Finistère, pointe de Bretagne) – en langue bretonne Douar-an-enez, étymologiquement la terre, le territoire de l’île – ces années-là le sont aussi par des rencontres importantes : Christophe Rouxel, homme de théâtre, metteur en scène, qui suscite l’écriture de ses premières pièces de théâtre, avec lequel elle partage en 1984 la création du Théâtre Icare et approfondit son engagement dans un théâtre à forte dimension sociale, politique ; Christian Bouthemy, poète, libraire, éditeur, à qui Saint-Nazaire doit en 1987 la création de sa Maison des écrivains étrangers et des traducteurs (MEET) et qui lui permet de découvrir les Assises de la traduction littéraire en Arles.

Le voyage est donc là, à portée de regard, d’écoute, dans toutes les présences, vécues comme une chance, d’auteurs, de traducteurs, de comédiens, d’éditeurs et de critiques s’affirmant d’abord comme de grands lecteurs. Un autre se prépare pourtant, qui l’embarque début 1993 vers la Nouvelle-Calédonie : à Houaïlou, en brousse, sur la côte Est de la Grande Terre calédonienne, durant sept ans, puis à Nouméa où elle réside désormais pour des raisons professionnelles.

La Nouvelle-Calédonie, et plus largement l’Océanie, s’inscrivent dès lors durablement dans son parcours, nourri une fois encore de fructueuses rencontres. Il se concrétise notamment par l’écriture d’une dizaine de pièces et spectacles, dont neuf sont créées de 1997 à 2003 par le metteur en scène Isabelle de Haas et sa troupe « Pacifique et compagnie… ». L’une d’elles, À, éditée sous le titre Parades, fait partie de la représentation calédonienne lors du Festival des Arts mélanésiens 2002 au Vanuatu.

En 2004, elle initie un travail d’écriture avec la plus vieille entreprise métallurgique de la Nouvelle-Calédonie, la Société le Nickel. Il en résulte en mars 2005 la parution d’un livre de portraits qui s’entend comme la première pierre d’un projet d’écriture de plus longue haleine.

Elle contribue régulièrement à diverses revues (poésie, nouvelle, articles littéraires) et représente l’association Reporters sans frontières en Nouvelle-Calédonie depuis 2001. Elle a été lauréate en 2003 d’une bourse d’encouragement de la commission théâtre du Centre national du livre. Elle est membre de l’Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie et du Centre de géopoétique créé en 2005 à l’initiative de Nicolas Kurtovitch et Catherine Laurent, en lien avec l’Institut international de géopoétique fondé en 1989 par Kenneth White. Non traductrice enfin, mais passionnée de longue date par la question de la traduction, elle est membre d’ATLAS (Assises de la traduction littéraire en Arles) depuis 1987.


Oeuvres principales:

Théâtre et spectacles:

  • Le Café du phare, 1983.
  • Port-Nazaire, 1986.
  • Traversées, 1997.
  • L’Endormi-du-Bout-du-Ciel, 1999.
  • Crash, 1999.
  • Concordances, synopsis du spectacle d’entrée de la Nouvelle-Calédonie en l’an 2000, 1999.
  • Théâtre pour la vie, créé à l’occasion du premier colloque Sidagir en Nouvelle-Calédonie, 2000.
  • La Leçon de l’Inévitable, 2000.
  • Façades, 2001.
  • Parades, pièce créée en scène sous le titre « À » (2002).

Nouméa: Traversées, 2004.

  • V ou Portraits de famille au couteau de cuisine (2003). Nouméa: Traversées, 2004.
  • Lieux dits, comprenant Eau de vie et Et le chant des oiseaux sur l’arbre du monde, deux pièces courtes écrites pour les Journées calédoniennes 2002 du patrimoine sur le thème de l’eau.
  • Collision, pièce courte écrite lors d’un atelier d’écrivains animé par l’auteur dramatique Gilles Granouillet et présentée au Centre culturel Tjibaou en octobre 2004 lors de la mise en espace de l’ensemble des textes de cet atelier.
  • Collision et autres traversées, recueil de pièces courtes. Nouméa: Traversées, 2007.

Roman:

  • Miroirs d’îles. Avec un frontispice de Sayed Darwiche. Saint-Nazaire: Arcane 17, 1984.

Poésie:

  • Ton ventre est l’océan. Paris: Bruno Doucey, 2011.

Autre ouvrage:

  • SLN, hier, aujourd’hui, demain. Trente portraits de salariés de la Société le nickel, textes d’Anne Bihan, photographies de David Becker. Nouméa: Société le Nickel, 2005.

Textes parus dans des revues et des ouvrages collectifs:

  • « Saint-Nazaire, ville métisse » (éditorial), « L’écomusée, un lieu d’interrogation de l’identité ? » et « L’innovation inachevée ». Saint-Nazaire, port de toutes les littératures, numéro dirigé par Jean-Bernard Pouy, Autrement (Paris, 1992): 15-17, 40-43, 81-94.
  • Poèmes extraits du recueil inédit Ciels. Le Mâche-Laurier 9 (revue des Éditions Obsidiane, mars 1998): 15-18.
  • « À, incursion dans le corps féminin de l’acteur ». Correspondances océaniennes n°1 sur le thème « La Femme » (Nouméa, mars 2002): 36-37.
  • « Littérature et identité : l’écrivain, un « homme sans qualités » », « Les langues comme les corps sont faites pour se rencontrer » et « De la traduction comme écriture, de la traduction comme art de l’échange ». Litteramaohi 5 (Papette, 2004): 92-107.
  • « Extraction ». Jour & nuit – La SLN depuis 125 ans… Nouméa: Société le Nickel, 2005: 22-23.
  • « Paroles tressées en forme de libre abécédaire sur le thème du 3ème Salon du livre de Tahiti : La femme dans la littérature (du) Pacifique ». Littérama’ohi 7 (octobre 2005): 144-149.
  • « Triptyque insulaire ». Archipel 1 (août 2007, revue du Salon du livre insulaire d’Ouessant).
  • « Écrire le théâtre en Nouvelle-Calédonie – Entre corps intime et corps social, l’espace commun d’une parole à conquérir ». Correspondances océaniennes (numéro spécial Salon international du livre océanien 2007); et dans Archipel 2 (mai 2008).
  • « Un Souffle si doux », nouvelle. Nouméa: Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, 2007: 8-17; et sur le site remue.net.
  • « Écrire entre ». Pouvoirs(s) et politique(s) en Océanie (Actes du XIXe colloque CORAIL), sous la direction de M. Chatti, N. Clinchamps et S. Vigier). Paris: L’Harmattan, 2007.
  • « Eloge des livres, des liseurs et des libraires ». Épisodes 1 (revue, Nouméa, 2009).
  • « Amers », poésie. L’Archipel des Lettres 5 (revue du Salon du livre insulaire de Ouessant 2009).
  • « Nous avons encore tant d’histoires à partager », préambule de la revue, et « Prémices », nouvelle. Sillages d’Océanie 2009. Nouméa: Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, 2009: 5-6, 8-14.
  • « L’Odeur des sorghos ». Épisodes 2 (2009).
  • « Trois fragments d’épiphanie », nouvelle. Au nom de la fragilité : des mots d’écrivains. Charles Gardou, éd. Paris: Éditions Erès, 2009.
  • Choix de poèmes. La Traductière, revue du Festival franco-anglais de poésie. Paris: 2009, 2010, 2011.
  • Choix de poèmes. Outremer – Trois océans en poésie. Paris: Bruno Doucey, 2011.
  • « Pour Solde de tout compte », théâtre-récit. Ensemble au travail. Nouméa: Institut supérieur du travail, 2011: 25-37.
  • « Origami », nouvelle. Il y a toujours une guêpe pour piquer un visage en pleurs. Nouméa: Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie, 2011: 13-14.

Prix et distinctions littéraires:

  • 2003     Lauréate d’une bourse d’encouragement du Centre national du livre, pour son parcours d’écriture théâtrale.

Liens:

textes d’Anne Bihan sur Île en île:

ailleurs sur le web:


Retour:

http://ile-en-ile.org/bihan/

mis en ligne : 22 juin 2005 ; mis à jour : 23 novembre 2015